Dour 2011 (14/07-17/07)





Dour 2011, une édition que l'on attendait avec impatience depuis des semaines, au vu de la programmation (voir article prog)... et avec un peu de crainte depuis quelques jours au vu des prévisions aquatiques de la météo.


Et bien, on peut dire que toutes les promesses ont été tenues!


Jeudi


Nous arrivons un peu tard, suite à des petits problèmes logistiques et les traditionnels embouteillages du 1er jour. Nous ratons donc Romano Nervoso, Rolo Tomassi et Drums are for Parade à notre grand regret.


Le 1er jour est aussi celui de la découverte de la nouvelle disposition du site. Première remarque: c'est encore plus grand!

Il semble aussi que l'esprit du filtrage à l'entrée se soit un peu détendu: finis les jeu un peu cons de « je te retire le bouchon de ta bouteille »,etc... On revient à l'esprit plus convivial d'il y a quelques années et c'est tant mieux!


Passé l'aire des boutiques, Nous arrivons directement à la Balzaal, la nouvelle tente dédiée à tout ce qui est teuf: Drum, Dubstep and co, qui en étant la première d'accès, est aussi un peu à l'écart. Finalement, nous n'y mettrons jamais les pieds pour cause d'éloignement par rapport aux autres, d'horaires se chevauchant et de remplissage à outrance de cette tente.

Donc plus qu'une scène « plein air » (ce qui, on le verra, aura été une très bonne idée vu les conditions météo!) avec la Last Arena toujours au même endroit que les 2 dernières années.

Les premières gouttes nous poussent vite vers le 1er concert avec Gallows juste à côté dans la Club Circuit Marquee.


Entrée en matière très énergique! Gallows, malgré l'heure, a su secouer les gens et leur faire oublier la pluie avec son hardcore punk oldschool. Ils auraient mérité une meilleure prog le soir avec un public un peu plus dans le festival. 

Premier concert et déjà découverte du jeu de cette année: la tente musicale pour s'abriter de la pluie!


Par contre, nous serons tout près de la Last Arena pour voir les vieux de la vieille de Channel Zero. Bon concert, mais sans plus. La corde nostalgique vibre bien, le groupe se donne à son concert (certes de manière moins extrême que dans les années 90 bien sûr), mais on se rend compte que le son a quand même vieilli et on n'est plus transporté comme au bon vieux temps. Néanmoins ça fait plaisir de voir ce groupe sympathique et surtout emblématique de notre pays (francophones et flamands jouant ensemble, et ne se privant pas de le dire ni de faire un FUCK aux extrémistes!).

Cela a aussi été l'occasion d'expérimenter le son de la « Last », qui n'en finira jamais lors de tout le fest de nous jouer des tours. En effet, il n'arrêtera pas de « tourner ». Le système de sono étant un des meilleurs, il semble que ce soit la disposition par rapport au terril derrière et au vent qui en soit la cause...





Pas le temps de continuer la promenade exploratoire puisqu'une heure après, Kyuss Live! Commence sur la même scène. 

Ze concert du jour! Ils mettent vraiment tout le monde d'accord sur qui est VRAIMENT le roi du Stoner! Un son percutant et jamais monotone (même pour ceux qui ne sont pas vraiment fans du genre).

 Il y a de quoi se féliciter de la reformation du groupe, même sans Josh Homme. La foule est présente et ne s'y trompe pas: nous sommes tous happés par les morceaux et bien plus heureux que devant un QOTSA!


Décidément, ils ont installé une laisse psychologique sur la Last Arena ce jeudi puisque l'attente de Cypress Hill ne nous permet que d'aller chercher des bières pour y retourner de suite.






Et là, c'est la grande grande foule! Tout le monde veut voir Cypress, ce qui rend le concert peu confortable vu qu'on se fait continuellement bousculer par les allées et venues, et cela, où que l'on soit. Néanmoins, le groupe prouve qu'ils sont loin d'être des papys à enterrer et offre un concert incroyablement intense et varié entre leur « gangsta-smokin rap » et des ambiances latino qui feront danser tout le monde. Cypress Hill démontre à la fois que le rap est autre chose que les merdes habituelles diffusées actuellement en radios, et également que ce genre musical peut très bien fédérer un tas de publics différents.

Les refrains de leurs hits offriront à Dour les premières vagues humaines de bras et de jump en masse!


Le reste de la soirée sera consacré à l'errance à la cool dans le site et au butinage de bouts de concerts en buvant des bières. On pourra ainsi se rendre compte que le nombre bien supérieur de festivaliers n'étouffe pas le site, du fait de l'agrandissement et de l'agencement de celui-ci. Décidément, Dour n'est pas Werchter et c'est 1000 fois tant mieux!


Vendredi


le « summer day » du festoche. J'entends par là simplement qu'il n'a pas plu! Ça nous donne enfin l'opportunité de zoner un peu en arrivant (et de préparer le travail de journaleux également).


Nos pérégrinations nous amènent « grâce » à des amis à la Last Arena pour Papa Roach... bon et bien, je suppose qu'il y a ce problème de génération – si t'as pas été ado à ce moment – mais tout ce qui est nu metal ne passe toujours pas. Je crois de plus que Papa Roach est désormais sur le retour et soigne davantage la pose sur scène que la qualité musicale...

                                                                  

Quelques bières plus tard, nous nous retrouvons devant This Will Destroy You qui se retrouve malheureusement à cheval sur l'horaire d'X Makeena. Mais pour les 20 minutes que nous en avons entendu, on peut dire que leur post rock, quoique plus calme et planant qu'un mogwai par exemple, trouve toute sa substance en live devant un public qui entre dans une sorte de communion avec le groupe, alors que j'ai parfois du mal à écouter plusieurs morceaux d'affilée sur CD.

 

                                                                

Dommage donc que l'on ait dû écourter pour se rendre à la magic soundsystem (pour la seule fois du festival en fait) pour X Makeena, mais c'est ça le revers de la médaille quand la prog est de bonne facture.

Pour leur tournée d'adieu, X Makeena passe dans les pays qui les ont accueillis à bras ouverts depuis 10 ans (voir notre interview). Et c'est exactement ce qu'on appelle quitter le ring au sommet de son art!

Leur musique mélangeant Hip hop, sonorité electro (drum, dubstep,etc...) et Rock claque toujours autant. Ajoutons à cela des scénographies mêlant personnages, danse et jeux de lumière, et on entre dans cette tente comme on passe dans un autre univers! Ce style et cette richesse peut très bien résumer l'état d'esprit d'un festival comme dour, tant le groupe passe d'un style à l'autre comme nous, festivaliers, allons d'un concert electro à un autre de metal par exemple.




Il est temps pour moi de quitter mes potes pour un moment, et de sacrifier quelques bons concerts (Kylesa, Mogwai, Stupeflip quand même!) sur l'autel de mon webzine et de ses interviews. Je suis de retour de justesse pour ce qui sera, pour beaucoup de gens, le meilleur concert du festival: Neurosis!

Même dans un festival, dans une tente à moitié ouverte, le groupe arrive à mettre tout ça dans un chaudron sombre pour une ambiance lourde et violente d'un style, le sludge/post metal, qu'il ont pratiquement créé. 

Chaque est une perle agrémentée – et il faut le souligner car ce n'est pas si courant en festival et dans ce genre! - d'un Vjing du même tonneau que la musique. Les gens sont entré dans cette tente comme des festivaliers insouciants, et en sont ressortis transformés. Agréablement traumatisés.







                                                              

Nous avons juste le temps de prendre une bière et de courir jusque la Last Arena pour 

carrément changer d'ambiance avec Pulp... de loin! Car la fréquentation du festival ainsi que la réputation des groupes qui joue sur la « plein air » font de cette scène un parcours du combattant pour se rapprocher. C'est donc assis, en savourant le soir, quelques fois le regard dans le ciel et ses étoiles, que nous assistons au concert. 

Concert qui nous rappelle de manière fort heureuse que l'on peut faire de la pop de haute volée, tant dans les passages dansants que dans les morceaux plus calmes. Ce qui est malheureux, c'est de se dire que cela doit venir de groupe officiant il y 15-20 ans...


Pulp a mis les petits plats dans les grands, amenant toutes sa scène (lumières, écrans,...) dans le festival, avec un Jarvis Cocker toujours aussi Dandy rock'n roll, sorte d'héritage 90's de Brian Ferry et crooners punks. Un très bon moments où se laisse emporter par les mélodies en même temps de reconnaître les hits.



Direction ensuite notre 2ème maison – la petite maison dans la prairie – pour Deerhoof. Bon sur le papier et à l'écoute chez soi d'un ou 2 morceau, leur noisy rock accompagné du chant « pop sucrée » de la chanteuse peut paraître rigolo. En live par contre, ça nous a fait chier...voilà.

Mais bon, nous étions au bon endroit pour le concert de Duchess Says qui suivait, c'est déjà cela, et le peu d'intérêt du concert nous a permis de nous ravitailler en bières!


Programmés en même temps qu'Enduser qui a joué à la cannibal (la scène hardcore!), Duchess Says a été notre choix, vu que nous connaissons déjà le plus belge des ressortissants de Cincinnati, et que les canadiens avait déjà comptés parmi nos découvertes-coups de coeur de Dour 2006!


Parler de concert pour Duchess Says est un peu réducteur. Je dirais plutôt une expérience, sorte d'hallucination collective. Très calme en dehors (voir notre interview dans un prochain numéro), le groupe – et surtout la chanteuse! - se déchaine littéralement sur scène!

Disons que Anne-Claude, la chanteuse, a passé sur tout le concert 3 minutes sur scène! Le reste du temps elle se promenait dans et sur le public, jusqu'à aller sur les tables à côté de la tente pour faire profiter du concert les buveurs assis là.

Sur un mélange de rock expé tirant vers un punk sauvage – comparons cela à du Sonic Youth moins intello laissant le créatif au cerveau reptilien -, elle communie à 100% avec le public hurlant une sorte de transe, quelques fois dans une langue imaginaire de borborygme. Cela fait tout de suite penser à une Lydia Lunch des jeunes années et à toutes cette période punk/post punk où l'on laissait toutes ses peurs et inhibitions en backstage pour se laisser habiter par le live!

Spontané, joyeux, sauvage, iconoclaste, sincère, bordélique, communicatif et boogwooga...voilà en quelques mots un des concerts les plus marquants de ce Dour et pourtant le plus impossible à décrire!


Samedi


[musique: The End des Doors] Dour...Je suis à Dour...c'est l'apocalypse!

Enfin pas tout de suite, mais comme nous le verrons, le samedi fut le « juge de paix » de beaucoup tant les éléments se sont déchainés en fin de journée, tansformant le festival en mélange de Vietnam et de guerre des tranchées. Mais commençons par le commencement.


Après quelques bières pour démarrer la journée, nous allons voir qui est Yussuf Jerusalem, que l'on nous avait présenté comme un gars passant du folk au black! Du Folk, on en a eu...mais c'est tout! 

On se serait plutôt crû dans un bar de cowboy dans le midwest ou quelque chose comme cela. Pas notre tasse de thé, d'autant qu'en ce début de troisième jour, nous commençons à avoir besoin de choses plus entrainantes pour nous réveiller...



Bon allez! On se ballade et on boit des bières en attendant Saul Williams. Le « slammeur » est venu avec son fiston en toute simplicité, se promenant en backstage et bavardant de ci de là. Nous attendions son concert avec un mélange d'impatience pour ses premiers albums et d'apréhension de par son dernier qui, sans être mauvais, est beaucoup plus prévisible et « popesque ».

C'est oublier le qualificatif précité de slammeur qui en fait de toute façon une bête de scène, mêlant les morceaux de ses différents albums aux slams qu'il scande au public.

Le live a eu un démarrage difficile: les musiciens ont bien mis 3 morceaux pour se rendre compte qu'ils devaient jouer ensemble. Mais ensuite la sauce a pris et nous avons assisté à ce mélange très particulier que seul Williams peut faire comme cela, entre funk, hip hop, rock et free jazz.

Pour rappel, Saul Williams n'est un musicien à la base, c'est un artiste total! On peut tout à fait imaginer qu'il pourrait assurer le même concert avec la même intensité en tapant simplement sur le cul d'une chaise! D'ailleurs il officie souvent armé d'un espèce de tambourin géant, sorte de version personnelle d'un instrument de percu africaine.


Durant ce concert, la fin du monde est arrivée avec des trombes d'eau qui ne nous quitteront plus jusqu'à la fin du festival (même si elle furent plus espacées le lendemain). Ce qui a foutu un sale coup à notre endurance et à notre envie de voir certains concerts.


Nous avons tout de même bravé les éléments pour mater Pennywise en plein air (ou plutôt en pleine eau). Les vétérans du punk rock hardcore assurent encore bien et ont su faire oublier le déluge, même si cela nous a crevés par la suite. En dépit du côté éculé du style, on a affaire là aux artistes des débuts (enfin plus ou moins hein) à l'instar des bad religion et consorts, ce qui ajoute la spontanéité et l'esprit sincère de cette époque.


Le problème, c'est que la pluie, ça use à la longue. D'autant que ça a redoublé, nous poussant à nous réfugier dans la cannibal stage, dédiée à cet instant au hardcore bourrin d'Agnostic Front. Les « To my friends, to my family » se tapant le poing sur la poitrine, je ne peux plus! Mais au moins, nous étions plus ou moins au sec pour boire nos bières!


Suede jouant sur la Last ( et donc sous le déluge), nous avons fait l'impasse malheureusement, pour aller voir Les Savy Fav. Nous n'avons toutefois pas été déçus! Noisy rock sans inhibition entre Fugazi et Block Party (si si!), à l'image du chanteur Tim Harrington, Les Savy Fav arrivent à produire un son bien foutu tout en gardant leur humour au fil des déguisement divers et des prises à parti du public de la part d'Harrington. Bon son, fun...que demander de plus?

Crevés et vaincus par la pluie rendant tout le monde morose, mis à part ceux trop déchiré pour encore s'apercevoir de quelque chose, nous avons dû écourter cette journée. Ce qui nous a fait rater seulement House Of Pain dans notre sélection, en fait.


Dimanche


Haaa qu'il nous en a fallu du courage pour remettre ça ce dernier jour! Nos pieds de plomb du réveil nous ont fait manquer Ultraphallus et K-Branding, et une partie de The Ocean, dans la Cannibal. Enfin quelque chose de différent là dedans! Post-Hardcore mais bien musclé, The Ocean (les bien nommés vu ce qu'il tombait pendant leur concert) parvient à insérer de la mélodies tout en gardant une base dure, lourde et musclée. Si vous aimez Amen Ra, vous devriez apprécier ce groupe également.


Juste après et à côté jouaient Russian Circles. Notre état ne nous a pas permis de bien profiter du concert qui était à première vue très bon. Entre metal et math rock en passant par des passage post rock. Nos états de zombies sur pattes et à bières ne méritaient vraisemblablement pas ce niveau. Dommage, nous aurions bien voulu pouvoir en profiter pleinement.


Nous avons pu nous reposer avec quelques bières avant Boris. Attendre un concert de Boris tient un peu de la roulette russe: Ils peuvent tout aussi bien faire un set lourd en sludge et guitare qu'un enchainement énervant de pop nasillardes sucrées. Nous sommes bien tombés, mais malgré un bon concert avec de morceaux de guitare à l'intérieur et des murs d'accords très planants et lourds à souhaits, on aurait qu'ils étaient venus faire le boulot, sans plus. La perf est là, mais pas plus d'implication de leur part permettant à tout le monde de rentrer totalement dans les morceaux. Mis à part le batteur qui lui était dedans pour tous les autres!


Est venu ensuite un des grands dilemme du festival: Karma To Burn ou Public Enemy? A contrario de la majorité du groupe des potes, mon passé aidant très fortement, je me suis retrouvé avec un autre ami partageant les goûts de jeunesse et la même passion (Yo Ben!) devant PE!

Avec un mélange d'attente (les dieux du hip hop bordel!) et d’appréhension ( leur carrière étant clairement derrière eux, et ils ont bien 50 balais bien tapés maintenant), Nous voilà devant les 1ers « YEAAAAAH BOOOOYYYY!! » de Flavor Flav. Et bien, le groupe de mes 15 ans a encore une putain de patate de sa grand mère nom de dieu! Tous les grands morceaux y sont passés et leur présence scénique à rendu les nouveaux – un peu moins bons certes – sans aucun souci! De nouveaux, comme pour Cypress Hill, il est vraiment bon de voir tous ces gens différents se reconnaître dans leur – le vrai – Hip Hop!

Leur discours n'a pas changé et leurs implications va jusqu'à s'informer de ce qu'il se passe ailleurs que dans leur pays (un exploits pour des amerloques!) et nous envoyer un « Fuck Racism and also Fuck Separatism! ».


Wouaouh!!!

C'est seulement à ce moment, et pour la 1ère fois du festival, que nous n'avons pas vraiment de trucs à regarder. Donc repos...et bières, jusqu'au bal des enragés (je ne citerai pas Pendulum parce que j'ai un minimum d'éducation). Le super groupe de la déconne revient foutre le feu comme l'an passé. Des membres de punish Yourself, Tagada Jones, Parabellum, Black Bomb A, Loudblast et l'Esprit du clan dans une même formation, ça le fait hein?

Tout ça pour repasser en revue les standards du punk et du rock à leur manière. C'est à dire en se marrant et en foutant la patate au public! Ajoutons à cela les perfs visuelles dignes d'un concert des béru et vu avez la messe parfaite pour clôturer Dour de la manière la plus rock'n roll possible!


Voilà, à l'année prochaine!


Dour est redevenu le Dour qu'on aime. Pour la prog qui alterne découvertes et grands noms des scènes alternatives, mais aussi par l'esprit plus cool dans l'organisation que les 2 dernières édition qui se « Werchterisaient » un peu.

Et malgré la pluie, la fatigue et la crève post-festoche, on recommencerait plutôt 2 fois qu'une!


Maintenant, retour sur la planète Terre...


Suicyco




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