10 Years Ad Noiseam in Berlin (Berghain - le 06/05/2011)



Quoi de mieux qu'un belle affiche et une telle célébration pour une petite escapade à Berlin? C'est que Ad Noiseam a, durant ses 10 années d'existence, réussi quelques défis pas folichons du tout. Comme réussir à imposer dans une scène industrielle où ce n'était pas gagné d'avance – et via surtout le Maschinenfest – des genres comme le breakcore, la drum 'n bass et plus récemment le dubstep. Et ce, via des artistes comme Bong Ra, Kirdec, DJ Hidden et Niveau Zero, qui partagent dans leurs styles respectifs un désir d'aller plus loin que les figures imposées de leur genre et qui peuvent chacun prétendre à la tête d'affiche d'une soirée.

Au lieu d'opter pour une affiche qui aurait retracé les grandes lignes de cette décennie, Nicolas Chevreux – le « boss » d'Ad Noiseam que nous avions déjà rencontré - a plutôt choisi d'opter pour ce qui se fait de mieux dans l'actualité de son écurie. Et quand les poulains s'appellent Hidden, Niveau Zero, Broken Note, Enduser, Hecq et Karsten Pflum, on ne peut décemment pas faire la fine bouche pour ce premier de 5 (peut-être 6?) dates aux 4 coins de l'Europe!


L'endroit des réjouissances en impose! Dans le plus pur style architectural Est-Allemand (photo), le Berghain est devenu la Mecque des «easy-jet setters» qui viennent des 4 coins de l'Europe – voire de plus loin – pour une nuit de musique club ou autre. Amusement de voir que ce lieu des nuits « underground » se situe juste derrière « l'O2 », la grosse structure pour évènements mainstream.














L'intérieur tout en espace industriel reconverti recèle une machine de guerre avec l'énorme sono et ses 4 murs d'enceintes et 5 racks de subs (pour info, beaucoup de free parties font déjà du gros son avec 2 de ces 4 monstres...et ici nous sommes en indoor!).


La première entrée dans l'endroit entraîne obligatoirement un petit « gloups » intimidé. L'établissement entretient encore plus son mystère par une interdiction formelle de prendre des photos (ce qui peut aussi signifier que l'on peut s'attendre à tous les « débordements » à l'intérieur). Celles affichées ici sont donc issues d'autres évènements.


Après quelques « Berliners » (les bières allemandes ne sont pas chères ok, mais amis belges, prévoyez du budget: c'est presque de la N.A.!) et une mise en jambes avec un set de mix par Nicolas Chevreux himself (servant apparemment aussi de réglage balance), les concerts commencent avec un Karsten Pflum de très bonne facture. L'Allemand démontrera que l'on peut faire quelque chose de léché, riche et tout en nuance tout en balançant de l'IDM « breakcorisé » et un Dubstep tout en finesse.

D'autre part, cet artiste – et le suivant, Hecq - moins connu que les gros ténors du label a prouvé que dans la musique électronique également, un live est souvent très différent de l'écoute l'album (qui ne m'avait pas fait une énorme impression mais que je vais m'empresser de réécouter!).


Idem pour Hecq qui a succédé a Karsten Pflum qui a distribué son live de façon magistrale! Outre les grosses basses qui prouvaient – 4 sources oblige – que le meilleur endroit pour ne pas mourir était le centre de la « piste », Hecq matinait son Dubstep de nappes intéressantes, tantôt mélancoliques, tantôt apocalyptiques admirablement bien desservies par le matos précité. Définitivement beaucoup plus du côté « obscur » de la scène « electronica/indus » que de celle des teuffeurs.


Le 3ème de la setlist est en fait un « versus » entre Loop Stepwalker et Balkansky. Au départ, grosses basses et gros wobbles qui certes sont très efficaces mais peu être un peu convenus. Par la suite par contre le duo est un parti en plein délire – par amusement je crois – dans une escapade dance/happy hardcore que je n'ai pas du tout su prendre au second degré. A contrario de Hecq, nous étions ici dans la sphère des « free ».


Niveau Zero a enchainé...et s'est déchainé! Peut-être encouragé par des collègues moins DJ's que d'habitude et un public des plus éclectique (nous y reviendrons), il y est allé à fond dans le trip « metal » de ses origines et dans des variations de rythmes allant du dubstep bien sûr à des beat hip hop. Très beau live qui a emmené plus d'un dans un état second (oui je sais, il n'en était pas le seul responsable).


J'ai toujours voulu voir Broken Note et son rouleau compresseur de basses en live, et je les ai toujours raté! Voilà qui est corrigé puisque le groupe – duo désormais réduit à un seul de ses 2 membres – jouait ensuite. Même si cela tenait plus d'un mix de leurs propres morceaux que d'un véritable live (réduction de personnel expliquant cela?), l'expérience d'entendre ceux-ci sur une telle installation était vraiment unique, incroyable et violente. Oui c'était quasiment un viol brutal des oreilles du public! A un tel point que physiquement, il était très difficile de tenir tout le set au milieu de ce « pit auditif »... Danse ou crève!


La violence de Broken Note était telle que le début du set breakcore d'Enduser paraissait très mou en comparaison. Durant quelques minutes, nos oreilles ont dû se remettre en phase afin de profiter de son live qui était plus « breaké » et retravaillé que simplement l'alignement déjà efficace mais moins bandant de certains de ses autres concerts. Mais c'était quand même assez étrange de voir l'un après l'autre, le son le plus « sale » du label et ensuite le style plus propre d'Enduser.


Alors que la fatigue fait plus que s'installer (il est dans les 6 heures du mat'), DJ Hidden arrive pour nous réveiller avec ses enchainement de boucles via CD qui nous emmèneront dans la drum, le breakcore et la teck hardcore sans aucun répit. Bien que différent du mix très Drum'n Bass que j'avais entendu voici 5 ans dans ma contrée (en passant, merci Jérôme!), j'ai un peu déploré l'absence des ambiances sombres des 2 derniers albums. Ou peut-être a-t-il changé après notre départ car nous avons jeté l'éponge d’épuisement un peu après 7h, et il jouait encore (et devant encore une grosse partie du public).


Public justement qui, par cette faculté d'Ad Noiseam à faire des ponts entre les scènes, était plus que diversifiés. Et ça, ça fait vraiment plaisir à voir! Des clubbeurs, des habitués de la scène indus, des teuffeurs et même des fans d'EBM se sont trémoussés jusque tard dans la matinée du samedi (Nicolas Chevreux ayant repris du mix après Hidden, la fiesta s'est surement terminée vers les 9-10h du matin). Associé à cela un son qui tue, une affiche à se taper le cul par terre et une salle de rêve, on pourra sans nul doute dire plus tard avec fierté « j'y étais ».


Des séances de rattrapage sont donc prévues à Luzerne, Paris, Utrecht et Beyrouth (cliquez sur les flyers ci-dessous pour renseignements et setlists).


Suicyco




























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