The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble - Here Be Dragons




Jason Köhnen est désormais connu sous le nom de Bong Ra, son projet - on va dire - breakcore mêlant aussi bien les sons metal ou death que le dub et la funk. Mais le petit Jason a surement trouvé une faille temporelle quelque part, car sa soif d’exploration musicale l’amène dans autant de directions que de projets (son petit dernier étant Wormskull, avec notamment l’actuel batteur de Merzbow).

Loin de n’être seulement qu’un side-project, The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble (TKDE pour les intimes et les fainéants comme moi) est tout d’abord la rencontre de Köhnen et de Gideon Kiers sur les bancs de l’école d’arts d’Utrecht.

Leur admiration pour l’habillage musical des vieux films muets les conduit à créer TKDE en 2000 afin de réinterpréter ces derniers à l’instar, par exemple d’Art Zoyd. De fil en aiguille un sextet s’est formé en 2006 avec l’arrivée au fil du temps de Hillary Jeffrey (Trombone), Nina Hitz (violoncelle), Eelco Bosman(guitare) et de Charlotte Cegarra (chant).


TKDE est donc devenu un véritable mariage des styles et des backgrounds de chacun des membres. L’électronique par exemple se fond discrètement dans la recherche commune d’une atmosphère avec les autres instruments « traditionnels », chaque « acteur » se mettant au service de l’ensemble.


Le « petit frère » - The Mount Fuji Doomjazz Corporation – est composé du sextet kilimanjarien accompagné d’intervenants à géométrie variable selon les prestations. Ce projet est principalement basé sur des impros live mêlant jazz, drone et doom, présentant en quelque sorte le côté sombre de TKDE.


L’audition de « Here Be Dragons » fait plutôt songer à la bande son de vieux films des années 50 – séquence nocturne et solitaire dans une ville endormie, d’où peut-être ce terme « darkjazz ». Tour à tour on pensera forcément à Portishead (la voix de Charlotte Cegarra n’ayant absolument à envier à celle de Beth Gibbons, bien au contraire !), mais aussi aux œuvres les plus intimistes de Chet Baker et de Miles Davis période parisienne.

L’ensemble est néanmoins assez loin d’une compo classique jazz bien sûr. On dirait plutôt une impro calculée d’un free jazz d’avant-garde très « smooth ».

C’est un album à écouter, à savourer calmement en fermant les yeux. Les jeux subtils des divers instruments et leur complète harmonie vous transportent dans un décors à chaque fois différent où la superbe voix – très piano bar fifties voire même d’avant guerre juste avant la fermeture lorsqu’il n’y a plus qu’un ou 2 clients - de la chanteuse vous accueille, semblant venir d’un univers éthéré inaccessible.


N’étant pas un fan inconditionnel de jazz, que les sceptiques se rassurent : ce style musical n’est qu’un outil – tout comme l’ensemble d’ailleurs – pour parvenir à construire un univers (l’inspiration filmesque initiale n’ayant jamais été abandonnée) dans lequel vous évoluerez avec le groupe.


Donc, ici, point de montagne Tanzaniene vous l’aurez compris…Mais bien des sommets atteints dans la qualité musicale et technique ainsi que dans la cohérence d’un sextet aux origines très différentes (sur le papier) mais à l’objectif identique : vous donner LE frisson.


Suicyco

Label: ad noiseam

date de sortie: octobre 2009

site: www.tkde.net

myspace: www.myspace.com/tkde

facebook:  http://www.facebook.com/darkjazz

acheter: mp3 / CD / vynil+CD


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