Submerged - Before Fire I Was Against Other People





Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensions du label Ohm Resistance via la chronique de The Blood of Heroes. Y participait Kurt Gluck qui est également le boss de ce label. Si TBOH reflètent bien l'esprit "famille" d'Ohm Resistance et que Monsieur Kurt se met volontiers en retrait pour promouvoir son écurie, il ne faut pas oublier que le bonhomme officie aussi sous le pseudonyme de Submerged. Avant la sortie du deuxième album de TBOH (qui deviendrait donc plus qu'un projet one shot), le patron offre une tournée générale dans le cercle des musiques électroniques "extrêmes" (que je n'aime pas ce terme!). Générale car à l'instar des sorties de son label et du collectif suscité, Submerged ne connait pas ces stupides sous-sous-sous frontières entre les micro genres (pour l'occasion: Drum n' Bass, dub, breakcore, dubstep ou tout en même temps) qui obligent beaucoup d'artistes à sortir un album que d'un seul style. Concepts idiots soi dit en passant, comme si on s'indignerait qu'un groupe rock ait mis des morceau lents et rapides sur ses albums!


On a bien compris qu'Ohm Resistance est surtout une histoire de potes et on le constate encore ici. Car des potes, Kurt en a ramené! Dr. Israel , Mick "Napalm Scorn" Harris ("Nowhere To Hide" où la participation d'Israel m'a un peu moins convaincu sur ce Dub Electronica que sur les morceaux de The Blood Of Heroes mais qui par contre enlève l'âpreté que je pouvait ressentir sur des albums de Scorn), Jason Selden (Glitch, The Project_Pale) (sur "Transport" ; " Dead"), et les inévitables Justin Broadrick, mon "drums god" Balazs Pandi, Ted Parsons et Joel Hamilton pour ne citer qu'eux (sur "Dead" qui aurait donc pu figurer sur un TBOH énervé).


On pourrait craindre que l'apport de ces invités qui restent continuellement un noyau dur dans beaucoup de prods du label lisserait les particularités des opus de chacun pour aboutir à une uniformisation qui nous ferais nous interroger sur la justesse d'encore sortir des projets solos pour eux, mais heureusement, il n'en n'est rien! Si on décèle directement le "son Ohm" (un son très électrique...ok je sors), on s'aperçoit surtout que Kurt Gluck a voulu se faire plaisir en parcourant les rythmes et les breaks au grès de ses envies.... On pourrait aussi se demander s'il n'a pas voulu mettre tout ce petit monde de l' « extrême » d'accord en assénant des joyaux comme des leçons d'humilité pour beaucoup d'artistes!


Comme son ami Mick Harris avec qui il partage aussi un goût pour la simplicité de la campagne, Submerged a des racines éclectiques et électriques qui imprègnent plusieurs morceaux de charmantes ambiances que ne renieraient pas les amateurs de Death Metal, tandis que d'autres iront vers un Dub lorgnant vers l'orient ou l'indus. Par rapport rapport à d'autres, la différence résidera à chaque fois dans le souci du détail, de la finesse de chaque son.


L'album oscille entre moiteur et tension violente, sans jamais s'arrêter sur un unique mode opératoire. Ainsi, nous serons d'abord immergés dans une errance drum'n bass down tempo au travers d'un souk futuriste (« space Arabs ») qui aurait pu être l'O.S. d'un Blade Runner post 11 septembre, pour ensuite être téléportés vers un « dub-city » bien sûr très « Scornien ».

Alors que l'on croit pouvoir gérer le truc en sirotant un cocktail au soleil, arrivent les coup de poings dans la gueule, car « Transport » est ce que l'on peut appeler sans hésitation un killer track. Merde quoi j'adore ce morceau! La Drum de haute aux styles et boucles que n'aurait pas désavoué Iminent voulant faire un split avec Dj Hidden! Si vous voulez vous tuer ou passer quelques temps en taule, mettez ça en bagnole, effet garanti!


Ça y est vous êtes bien réveillés? Vous pouvez vous relever maintenant... car Kurt nous offre l’Apocalypse maintenant. Breakcore survitaminé assaisonné d'un coulis de guitare bien metal, c'est « No One » au plat du jour! C'est avec des titres comme celui-ci et les deux derniers de l'album qu'on se demande vraiment si ce n'est pas ça l'évolution logique du rock extrême! Nous avions déjà eu maintes fois l'occasion de le constater, notamment avec Antichristus, qui comptent beaucoup de points communs avec l’œuvre qui nous intéresse ici.

Le tour n'est pas fini et nous envoie dans l'exploration souterraine d'un Dub très industriel d'une lourdeur intense mais également très sexuelle (« Death Sentence »). Le couloir de la mort débouchera sur la leçon du jour: « Comment sonne le Dubstep fait par un vrai artiste? ». Pas du tout cliché, « Borderguard » joue avec les poncifs du genre – comme les wobble – agrémenté de breaks astucieux et de sonorités-chants orientaux pour aboutir à un résultat qui sera nommé « dubstep » car il faut bien, mais sera surtout un VRAI morceau!


Le core business drum'n bass-breakcore de Submerged reste tout de même perceptible puisque « Rorschach » est selon votre serviteur l'autre morceau « je-mets-tout-le-monde-d'accord ». C'est aussi le seul qui pourrait recéler une influence du comparse Enduser, alors que paradoxalement le reste nous ferait lorgner en dehors d'Ohm, à mi-chemin entre Bong Ra et DJ Hidden (on pourrait trouver pire hein), surtout avec ce dernier, avec qui il partage un goût relativement similaires dans les textures sonores comme on peut encore le vérifier avec l'étouffant Breakcore sauce noise de « Before Fire ».


« Before Fire I was Against Other People » est comme une bannière qui rallierait à nouveau ces catégorie sœurs qui se tournent parfois le dos. Une bannière en forme de nouveau jalon car Submerged met souvent la barre très très haut, et rares seront les musicos capables de rivaliser avec lui, aussi bien en énergie qu'en finesse sonore.



Suicyco



Submerged - Before Fire I Was Against Other People
Date de sortie: juillet 2011






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