Romano Nervoso - Italian Stallions




J'avais dit à mes potes que j'envisageais de chroniquer l'album de Lou Reed+Metalica... Après qu'ils m'aient sagement dissuadé via un amical passage à tabac et une menace d'élargissement anal à coup de batte de baseball, Je me suis dit que j'allais rattraper un album « c'est arrivé près de chez vous » (je parle de moi là) qui néanmoins aurait mérité mon attention royale même s'il avait été au-delà des frontières de Friteland.


Il est vrai que le fait de faire partie de la même région, d'avoir grandi dans une commune avec 60% de ritals et de vouloir égorger dès l'âge de 6 ans, quiconque voudrait mettre autre chose que du parmigiano sur ses pâtes favorise l'approche du groupe Romano Nervoso et de son album « Italian Stallion ».


Ces originaires de ce qui se fait de plus proche du Bronx (en bien aussi) en Belgique – La Louvière -, le revendiquent haut et fort, ainsi que leurs origines vert-blanc-rouge (qué minga!). Il n'y a qu'à voir le panneau routier (volé bien sûr) trônant sur la scène de leurs concerts.



« Italian Stallions » est un vent d'air frais et une remise de pendules à l'heure dans le « microvers » de ce que certains appellent encore « rock » dans la partie francophone de la Belgique, totalement sous la coupe de groupes foireux de garçons coiffeurs insipides propulsés artificiellement à coup de subsides régionaux et de pseudo-hype à 2 balles d'une certaine radio soi-disant « djeune » mais résolument d'Etat.

Attention, de nombreux groupes sont méritants mais leurs styles moins consensuel ne passent plus les portes des antennes et sont complètement éclipsés médiatiquement par les têtes à claques suscitées.


Et c'est là que , TADAAA, Romano Nervoso intervient avec la mentalité des premières années du Rock'n Roll – assez similaire aux Liégeois d'Experimental Tropic Blues Band d'ailleurs - où être un rockeur signifiait encore faire peur à la mère de sa copine: du bruit, du fun, de la bière et des gonzesses. Ajoutons à cela des pâtes de premières qualité (ils autoproclament leur style « Spaghetti Rock ») et vous aurez un aperçu de l'album dont la pochette illustre bien ces « 4 garçons dans le gland ».


Romano Nervoso – dont Giacomo le chanteur n'est pas un nouveau venu puisqu'il officiait derrière les fûts de Hulk auparavant – arrive donc à aller à l'essentiel du genre que l'on dit mort depuis 20 ans en le saupoudrant de cette culture particulière de l'Italien ayant grandi dans les cités wallonnes.


A première écoute, on pourrait trouver les morceaux un peu simplistes et légers...mais écoutez mieux, chopez les paroles et saisissez cette intonation qui est tout sauf innocente, tantôt rageuse, tantôt salace mais toujours cachée derrière un air enjôleur (bonjour, tu veux une sucette?).


Qu'ils soient rapides comme « The Feeling » ou le cultissime « Mangia Spaghetti », ou bien plus lents, à l'instar du premier titre « Loose Control » et « Stop Being Myself » notamment, on se retrouve devant des morceaux que l'ont aurait peut-être déjà entendus dans leur forme générale, mais dont l'interprétation suintant toujours un petit quelque chose de crado et/ou sexuel (« Do U want a Spanky Wanky »?), un relent de sauvagerie et d'humour qui, souvent, manquent cruellement aux actuelles productions de ce style.


Qu'on le veuille ou non, on n'a pas le choix: les morceaux sont imparables. Orientés pur Rock'n Roll débridé quand on ne l'appelait pas encore punk – oui, on parle des MC5 et des New York Dolls dans l'esprit - et garage, teintés de glam rock ou bien encore plutôt blues rock de taulard, ils donnent totalement envie de se taper un de ces clichés de ride rock'n roll avec des lunettes miroirs, un tshirt de la squadra dans une Ritmo Abarth décapotable rouge (c'est quand même plus classe que ces putains de mustang hein!) en buvant une bonne Jupiler!


Suicyco


Romano Nervoso - Italian Stallions

Label: PIAS

Sortie: 12/2010

Facebook: www.facebook.com/romanonervoso

Myspace: http://www.myspace.com/romanonervoso

Commander (CD): Discorder

Commander (digital): Amazon



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