Revolution Per Minute - S/T




Chroniquer un album Noise/Harsh Noise n’est pas chose facile car comment parler d’un disque qui ne produit que des sons saturés, des sifflements aigus, des rythmiques violentes…du bruit? 

Quel est l’intérêt d’écouter 12 morceaux qui font mal et dans lesquels aucune recherche « harmonique » n’est faite? Pour moi, l’approche d’un disque du genre est une recherche de sensations auditives extrêmes ou une découverte d’autres paysages sonores. Prendre un album noise tel quel, sans idées préconçues, est la meilleur façon de l’approcher (J’avoue qu’il faut parfois une paire de boules quies ainsi qu’un niveau sonore raisonnable).


Venons-en à cet album de REVOLUTION PER MINUTE produit par le label Bruits de Fond. Un double LP rangé dans une pochette à l’artwork façon "électro-bouchère". Derrière "RPM" se cache Nicolas Leal aka APHASIA actif depuis le début des années 90 dans les musiques extrêmes style hardcore, breakcore et même métal. Il sort en 98 son premier album sur le label Bloc46 (Label de Manu le Malin). Avec le projet REVOLUTION PER MINUTE, Nicolas Leal veut revenir à la genèse du son: Le bruit. Dans cet album il le triture, le sature, le décortique pour en faire des nappes sonores qui viennent vriller les tympans.


B3- « Contre » (feat. Djamal)


Le premier morceau (« Tableau d’une exposition ») porte bien son nom, il présente en quelques minutes ce à quoi il faut s’attendre tout au long de l’album. Entre saturation du son, « hurlements » de fréquences aiguës, rythmiques violentes et accalmie de courte durée.

La suite, matraquage d’une rythmique martiale dans un amas de saturations (Multiphonics) pour ensuite se balader entre les déflagrations violentes d’un Breakcore Noisy (Special Grain). A certains moments, l’écoute devient presque insoutenable, on a l’impression que le son provient de machines d’usine sur lesquelles on aurait placé des micros de contact en poussant tous les potards du mixage à fond ( Anti-Musique # et ## ….Ces deux morceaux me rappellent un peu la « Symphony of siren » d’Arseny Avraamov), ça disque, ça scie, ça martèle…ça fait mal!

La première partie de l’album se termine sur un discours un peu nihiliste baignant dans une crasse acoustique où l’on parle de chien crevé, de ville indestructible et de néant sur les vivants...("Contre")


C2- « Behind the bridge »


Une accalmie le temps de changer de disque et c’est reparti de plus belle dans une explosion noise à l’état pur, une anarchie sonore (« Collapsing »), des voix déformées qui s’entrechoquent jusqu’à finir absorbé par la vibration d’une corde métallique (« Behind The Bridge ») suivie par un bombardement dévastateur sur un champs de carillons (un champs de carillons…quelle idée bizarre)…Destruction, agonie et silence (« Sub Natural ») pour laisser place à des discours incompréhensibles (« Futurismo ») ou des fréquences basses détruisant du verre (« Melograin »).

Le dernier morceau termine l’œuvre comme elle à commencé, dans la douleur auditive, avec une guitare désaccordée supportant la voix d’un chanteur maudit (« Cauchemar »).

Rien de bien joyeux et de mélodique, mais RPM n’est pas un album pour mettre en fond sonore mais une œuvre à écouter en se disant que la sonnerie GSM du voisin dans le train n’est peut être pas si bruyante que ça.


C3- « Sub natural »


Je terminerai en reprenant la définition de Guy-Marc Hinant (du label Sub Rosa) sur la notion de musique bruitiste « c’est le moment où une composition de bruits atteint une forme d’intensité » (Magazine ACCROCHES avril/mai 2011) et dire que l’œuvre de REVOLUTION PER MINUTE atteint cette intensité!


JC



Revolution Per Minute - S/T

Label: Bruits de fond

Date de sortie: 2010

Site

Commander (double lp):

    CD1D

    Souffle Continu


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