Punish Yourself Vs Sonic Area - Phenomedia




Vous vous souvenez de cette vielle série « Amicalement vôtre » ? c’est un peu l’histoire de cet album.

Un petit groupe toulousain faisant dans le « metal-cyber » (pour faire court) aromatisant ses compo de rythmes electro et de guitares plus que soutenus avec des influences plus que diverses (new wave, Thirwell, Ministry, Skinny Puppy,…) et surtout avec du fluo. Ils grandissent grandissent, le succès les amenant peut-être actuellement à un tournant de leur carrière où les fans sont plus jeunes et le risque de tomber dans la caricature grandissant (pour le moment ce dernier est encore évité mais de peu).

De l’autre côté de la France, à Strasbourg, Arco, un féru de machines et de musiques expérimentales (Hint notamment) trifouille son matos tout en organisant des soirées Dark Indus (toujours pour faire court bien sûr). De fil en aiguille il monte un projet solo – Sonic Area – tout en fondant avec son frère et des potes un label- asso, Audiotrauma. Lui aussi grandit, mûrit, va de plus en plus loin dans la recherche de sons. Sonic Area sort ses albums (dont le dernier, « Explore », est une merveille) et Arco lance un groupe avec son frère Syco, Chrysalide.

 

Depuis des années, ces 2 antipodes se croisent, font connaissance, s’apprécient, deviennent amis et échanges des « recettes » en compo et remixes…

Phenomedia est le point culminant de ces 2 itinéraires passionnés, différents certes, mais finalement animés par la même flamme. Ce n’est pas un affrontement, comme le « Versus » peut le laisser croire, mais une véritable fusion des 2 univers! Le mariage pouvait être prometteur mais pouvait aussi laisser dubitatif, surtout lorsqu’on sait que la base du projet était un retravail par Arco de vieux morceaux non repris dans les albums de Punish. Bon, et bien on oublie le « dubitatif » tout de suite!

Œuvre à la fois ressemblant aux deux protagonistes et en même temps à des lieues de ce que les fans pourraient attendre (surtout ceux des fluos !), Phenomedia est un concept peut-être plus à rapprocher de Cult Movies dans l’atmosphère, mais l’expérience sonore d’Arco (pour moi un génie mais cela n’engage que moi) pousse à mon avis la musique de PY dans des contrées jamais explorées par le groupe en tant que tel (les side project – surtout Cheerleader69 – l’ayant quant à eux commencé).

L’album est à prendre comme un opéra, dans son intégralité (même s’il recèle des hits potentiels comme « ici bas ») tant l’atmosphère évolue morceau par morceau entre rage, folie, introspection, spleen, martial et cynisme. Les riffs les plus brutaux se mariant parfaitement aux délicates trouvailles sonores dissminées tout long des titres.


Phenomedia commence logiquement par un zapping nous préparant à toute l’absurdité du monde actuel pour enchainer avec un « twisted thrill ride » qui aurait sa place dans la discographie de Chrysalide (logique, de par la participation d’Amnesy, dernier arrivant dans ce groupe).

Le côté « cult movie » se retrouve très fort dans « tragic hollywood hero » mais toujours épicé à la sauce noize d’Arco qui n’est jamais très loin et osant même des sonorités orientales. Dans la même veine, « I had orders » calme le jeu cassant la hargne précédente par un tandem violoncelle/piano envoutant et dont la trame nous emmène vers des contrées plus habituées à Von Magnet par exemple.

Vous avez fermés les yeux, vous laissant emporter doucement par ce morceau ? Oups merde alors, vous voilà à la merci d’un veritable « uppercut » hurlant( «powercut ») qui continuera à vous tabasser même à terre. On vous avait prevenu de ne pas relâcher la garde pourtant ! Là on retrouve le muscle « punishien » dans toute sa force. Ça frappe, scande sans le moindre répit…sauf tout juste à la fin vous laissant pour mort et vous entrainera dans croisière sur un styx de noize pour « cancer anyone ».

Après un second répit relatif dans un inquiétant « The higher we fly » très bruitiste où Vx69 se fait un plaisir tout « foetusien », voici donc, pour moi, la perle de l’album (après 100 écoutes j’ai toujours des frissons) : « Ici bas ». Ce morceau symbolise l’union parfaite entre les 2 projets tant les sons et les ambiances de « l’aire sonique » sont parfaitement enchainées par la puissance à l’état pur de ce qui s’est fait de mieux comme « explosion rythmique à la punish», avec en prime une fin saxophonique toute empruntée à 1969 Was Fine. Ce morceau est une tuerie absolue !

« There’s No Way Out But Down » illustre bien tout le contraste de l’album: le désespoir du clavier  est relevé par une rythmique volontaire cherchant à le sauver…mais il n’y a pas d’issue.

Non il n’y a pas d’issue, le rouleau compresseur de la batterie de « wacko(season2) » et là pour nous rappeler la petitesse de nos vies face à ceux qui décident pour nous et qui finalement ont le contrôle absolu – autorités ou gourous !

Voilà. Le Phenomedia se termine comme il a débuté avec ce zapping se rapprochant plus des errances d’une télévision qui finira par donner sa dernière image avant l’ultime point lumineux de sa triste vie.

 

Pour conclure, voici un album qui laissera peut-être sur sa fin les plus jeunes et plus « dansants » fans de Punish – peut-être les aidera-t-il à « grandir » musicalement qui sait ? – mais qui comblera ceux qui les suivent depuis plus longtemps et qui redoutaient un statu quo artistique ainsi que les amateurs d’une musique plus « recherchée » qui n’auraient pas écouté le groupe sans ça.

 

Alors Phenomedia, concept unique et inadapté à la scène alors ? c’est ce que beaucoup croyaient, jusqu’au au concert – soi disant (on l’espère !) – unique donné au noxious Art Festival en septembre où nous avons pris une des plus grosses claques de l’année 2010 pourtant bien riche en évènements, et malgrè une bonne quinzaine de concert de PY à l’actif de certains (dont votre serviteur).

 

Fin des émissions…


Suicyco


Label: Audiotrauma

Phenomédia's myspace

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Cadeau! 

(Merci à Verdamnis et hitsohl)
















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