Militia - Power, Propaganda, Production!




Voilà déjà vingt-deux ans que le groupe flamand Militia, mené de main de maître par son leader Frank Gorissen, nous assène sa musique industrielle percussive dans la lignée des pionniers du genre que sont Test Dept., pour le plus grand bonheur des amateurs de ce style musical si particulier. Vingt-deux ans qu’ils martèlent inlassablement leurs instruments (fûts de pétrole, plaques de tôle, jantes de voitures, bétonneuse, tuyaux, et j’en passe), donnant lieu à des performances live mémorables (croyez-moi sur parole, il s’agit vraiment d’un groupe à ne pas louper en concert) et à plus d’une dizaine d’enregistrements sur divers supports. Vingt-deux ans qu’ils restent fidèles à leurs idéaux sociopolitiques, prônant un message éco-anarchiste que l’on retrouve aussi bien dans les samples vocaux de leur musique que dans le manifeste accompagnant leur album live judicieusement intitulé « Eco-Anarchic Manifesto ». Vingt-deux ans d’une aventure musicale et humaine visiblement pas prête de s’achever, mais qui pour l’heure se voit ponctuée d’un album plus abouti que jamais en termes de production, qui nous fait (re)découvrir un groupe au mieux de sa forme.





« We’re no longer the obedient sheep ! » Tel est le slogan lisible sur l’affiche accompagnant l’album, qui à lui seul résume à merveille l’état d’esprit du groupe (au même titre que tout l’artwork de l’album, il s’agit là de l’œuvre de la boîte de graphisme française Metastazis).  


Les membres de Militia ne sont en effet toujours pas décidés à rentrer dans le rang, et c’est tant mieux. La véritable musique industrielle, à l’inverse de ses ersatz dansants pour clubbers harnachés de latex, a toujours été à contre courant de la pensée unique et de la culture mainstream, et ce n’est pas près de changer. Ici, pas question de complaisance, ni dans les sons ni dans le discours (jugez-en par vous-même aux titres des morceaux : « The Undeniable Power of the Proletariat », « Power to the People », « Cash, Crash and Crisis »). Le message est clair. La musique, elle, sans rien perdre de la dureté de ses sonorités ni de la lourdeur de ses rythmiques, s’agrémente parfois de nappes de synthés et d’atmosphères plus éthérées (générées notamment par des instruments à vent industriels à base de tuyaux), qui ne font que ménager le calme avant la tempête, comme dans les morceaux « Abrupt Climate Change » ou « A Kite of Glass in a Blood Red Sky ».


« Power, Propaganda, Production ! » est un de ces disques dont l’écoute demeure toujours aussi jubilatoire à long terme. On n’a de cesse de tendre l’oreille pour déceler les innombrables subtilités que contiennent les morceaux, et le mix, d’une clarté remarquable en dépit du grand nombre d’instruments / sources sonores, permet de les distinguer aisément et ne sombre jamais dans le chaos ou la cacophonie comme c’est parfois le risque dans ce genre de musique (rendons hommage au passage au travail de l’ingénieur du son Joris Peeters du studio Bat Productions pour l’enregistrement et le mix, et à celui du leader du groupe en personne, Frank Gorissen, pour l’édition, le mix et le mastering).


Alors, vous êtes toujours là ? Qu’attendez-vous pour aller vous procurer cet album ?

Raoul Duke


Militia - Power, Propaganda, Production!
sortie: 2011




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