Merzbow & Balázs Pándi - Ducks: Live in NYC







L’ART BELGE A UNE NOUVELLE FOIS ÉTÉ PILLE !!!!!

Il n’y a plus de doute possible, Masami Akita a puisé une partie de son inspiration, pour son projet Merzbow, dans la BD belge. A l’écoute de son dernier album, en duo avec Balázs Pándi «Ducks: Live In NYC », cette affirmation m’est apparue comme une évidence, une illumination…comme un fait impossible à contredire!


Je pense que deux BD l’on particulièrement influencé. La première est une des aventures du célèbre duo Spirou et Fantasio, « Les faiseurs de silence», dans laquelle on voit apparaître une invention de Fantasio : L’ASPISON. Comme son nom l’indique, cet « appareil » permet à son propriétaire de créer autour de lui un silence « ABSOLU » en aspirant tous les sons qui l’entourent. Le gros problème est que lorsque la « mémoire » de celui-ci est pleine…il faut la vider…et là ça fait mal !

Le deuxième album est une aventure de Gaston Lagaffe (je ne sais plus précisément laquelle) où apparait une de ses nombreuses inventions : le GAFFOPHONE (voir ci-contre). Un instrument à cordes proche d’une harpe mais qui à chaque vibration détruit tout, fissure les murs, fait chuter les toitures, détruit les immeubles…


Ma première déduction de cette influence bédéistique, est que Merzbow possède l’Aspison. Car le son qu’il balance au gré de ses albums et de ses lives est bien plus que le simple bruit d’une casserole frappée par votre petit frère, bien plus que le passage d’une craie neuve sur un tableau noir…non, c’est un ensemble, une masse, un mur du son, dans lequel se retrouve toute la nature sonore qui nous entoure, du détail d’un cliquetis aux vibrations sismiques d’un semi-remorque roulant dans une rue pavée en passant par la tronçonneuse non graissée ou encore le bris de verre. Un amas sonore d’une telle complexité ne peu être rendu que par la vidange de la mémoire d’un Aspison. Et Merzbow, au travers de filtres, d’instruments maisons et informatiques arrive à faire ce que Fantasio ne savait pas : contrôler ce flux brut et violent .

La deuxième déduction est que Masami a voulu, avec son projet musical, créer la bande son idéale pour le Gaffophone. Il voulait mettre un son sur des mots supposés retranscrire cette vibration hautement destructrice. Le son y est, j’en suis sûr, le coté destructeur est encore modéré…Mais si un jour, Masami Akita décide de saborder Merzbow, je suis sûr qu’il le fera en donnant un live explosif à tout les niveaux…Pas de limitation de dB et la destruction pure et simple d’une ville au hasard.


Revenons à cet album…je pense, que chaque nouvelle sortie de Merzbow n’est pas attendue avec impatience par les passionnés du genre (étant donné le nombre incalculable de publications estampillées Merzbow), mais chaque album mérite son écoute, car, malgré sa gamme harmonique très limitée, Merzbow arrive à insuffler à chacune de ses productions une bouffée d’air pure pour balayer l’air vicié du précédent. Un petit plus qui donne la longévité au projet.


Le plus sur cet album, est la collaboration avec Balázs Pándi, un batteur hongrois très actif sur la scène underground (et ici, pas de name dropping, à vous de faire les recherches pour voir dans quels autres projets le nom de Pandi apparait).

« Ducks: Live In NYC » nous offre une collaboration « complice » entre deux artistes de l’extrême, et la structure de l’album, à l’image d’un morceau jazz (Thème/solo/thème/solo/thème), renforce cette impression d’unité. Donc, pour bien apprécier l’album, il faut le prendre dans son ensemble (Pour bien faire, il aurait dû se constituer d’une seule piste) et ainsi découvrir cette complicité, surtout lors du passage d’un morceau à l’autre, quand la batterie se fait engloutir par la masse sonore et laisse ainsi exploser toute la brutalité noisy de Merzbow (#1 à #2), où quand Masami Akita épure son mur du son jusqu’à se retrouver avec un sifflement aigu qui laisse toute la place à Pandi (#3 à #4).

On se laisse happer par ce Tsunami sonore hautement destructeur pour nos tympans, sans savoir reprendre notre souffle. On aimerait appuyer sur le bouton STOP de notre lecteur pour arrêter la souffrance, mais l’envie de mener cette expérience auditive à son terme est la plus forte. Heureusement, le solo de batterie de l’avant dernier morceau, permet à l’auditeur de reprendre ses esprits pour repartir de plus belle (+ de 20 minutes pour la dernière piste de l’album) dans un tourbillon de décibels crades et saturés.

Loin du mouvement mainstream, cet album plaira aux passionnés du genre, et pour les autres, je leur dirais  d’enlever de leurs oreilles les filtres « je n’écoute que ça » ou « la mélodie  avant tout » et de plonger, même si ce n’est qu’une fois, dans les méandres de la noise pour ensuite apprécier le silence à sa juste valeur.


JC





Merzbow & Balázs Pándi - Ducks: Live in NYC

Sortie: 26 Avril 2011


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