Igorrr - Nostril



Lorsqu'on écoute beaucoup de musiques et de genres différents, on peut encore (et heureusement!) entendre des choses « nouvelles » et plaisantes qui seront plus une évolution qu'une révolution, mais on perd inconsciemment l'espoir de retrouver cette sensation de perte de repères que l'on a eu en découvrant une façon de faire de la musique totalement nouvelle comme par exemple nos prédécesseurs l'ont eu à l'apparition de la guitare électrique ou des premières musiques électroniques.


Sans aller jusque la création d'un nouvel instrument, Igorrr m'a un peu fait cet effet là tout de même. Ce personnage (selon des sources dont même wikileaks n'a pas accès) est une créature venue d'un autre univers. Il venu sur notre planète après avoir découvert la sonde pioneer 10 et emmagasiné d'un coup toutes les informations qu'elle contenait. Cet alien vit parmi nous sous une couverture humaine dont le nom est Gautier Serre, artiste Français de musique electro-acoustique.

N'ayant pas les pauvres frein de la faible race humaine et de ses barrières autant culturelles qu'historiques, Igorrr continue, avec sa formidable capacité à emmagasiner globalement toutes les informations, à s'abreuver de nos réalisations dont il est devenu amoureux. Depuis il ne cesse de vouloir nous prouver qu'il a tout assimilé de l'humanité avec tout d'abord le groupe qu'il a formé avec son équipier I-Snor - Whourkr (breakcore metal électronique) – et ensuite tout seul sous son nom, Igorrr.

Nul ne sait quels sont ses desseins. Une communication globale? Une preuve que son espèce à tout compris de nous? Ou le résultat de son amour pour notre espèce?


Igorrr - Veins


Quoi qu'il en soit, ce 3ème album nous prouve sa joie de nous montrer sa vision de notre environnement musicale, AU SENS LARGE! Auto-qualifié de Baroque core, Igorrr puise son inspiration dans toutes les directions, libéré qu'il est de toutes nos contingence terriennes. Tel un savant alien fou, il injecte dans un breakcore halluciné de l'orgue, du clavecin, des riffs death et grind...et des cris d'animaux! Le chant se divise entre envolée lyrique très « opéresque » et hurlements strident grind ou de gorge.


Le tout pourrait se trouver dans une uchronie où les salons du siècle des lumières auraient été conservés jusqu'à notre époque épileptique. Une sorte de Rondo Veneziano ultra-extrême où les envolées de violons sont soutenues par des riffs death metal rageurs (« Cruciform Dachshund »), devant des gens perruqués et poudrés se tapent des trips hallucinogènes tout en faisant du stage diving en agitant leurs éventails. VERSAILLES GIVES ME WOOD!!!


Igorrr- Excessive Funeral


De prime abord je le concède, cela à l'air d'une mixture assez indigeste sur le papier. C'est pour cette raison que seul un être venu d'ailleurs comme Igorrr est capables de nous éclairer sur nos limites d’appréhension de notre propre culture. Par contre à l'écoute cela semble d'une évidence même tant le tout est bien distillé. Comme tout est une question de partition à plusieurs instruments quels qu'ils soient, et ce depuis toujours, il est somme toute naturel de pouvoir prendre ce que l'on veut et qui fait le moindre bruit pour l'insérer dans cet orchestre qui dans sa structure suit l'approche de la musique classique traditionnelle.


Cet album donne un grand coup de pied au cul d'un breakcore devenu souvent trop adulte et sa rappelle les joyeux délire de la jeunesse du genre, quand on n'avait aucune crainte de prendre n'importe quoi pour faire cette musique.


On en redemande, de telles rencontres du troisième type!

Suicyco


Label: Ad noiseam

Date de sortie: Novembre 2010

Myspace: http://www.myspace.com/igorrrrrrrrrr

Commander (cd - mp3)


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