Flint Glass/Polarlicht 4.1-Transistor – Zoran’s Equation



« Zoran’s Equation » est le fruit de la collaboration entre l’artiste dark electronica français Gwenn Trémorin alias Flint Glass et l’allemand Ronny Jaschinski, connu sous les pseudonymes Polarlicht 4.1 et Transistor et officiant dans un registre au confluent de l’électro-industriel, du dark ambient et de l’IDM. Comme l’indiquent le titre du disque et des morceaux, il s’agit d’un concept-album directement inspiré du roman de René Barjavel « La Nuit des Temps » (« The Ice People »).


Le livre met en scène une équipe de scientifiques qui découvrent en Antarctique une civilisation disparue, vieille de 900 000 ans, et dont ils vont apprendre l’histoire en réanimant les corps de deux personnes retrouvés enfouis sous la banquise. Une œuvre de science-fiction majeure et mondialement connue, agrémentée d’une romance digne de Roméo et Juliette. Les deux musiciens ont donc choisi de revisiter les thématiques du roman à travers dix morceaux qui oscillent constamment entre nappes ambient et rythmiques industrielles, générant un ensemble très cinématographique qui évoque le monde imaginaire de Gondawa (du nom du supercontinent Gondwana, qui donne son titre à l’un des morceaux) et les atmosphères glaciales de l’Antarctique.


Les structures des morceaux sont principalement construites autour des soundscapes, à la fois hypnotiques et inquiétantes, dans la création desquelles les deux artistes sont passés maîtres. A cela viennent peu à peu se greffer des rythmiques, lourdes mais jamais brutales, et une pléthore de sonorités, aussi bien synthétiques que samplées, et tour à tour grondantes, stridentes, qui achèvent d’inciter l’auditeur au voyage et à l’immersion dans cet univers fictif des plus prenants.


Ceux qui ont lu le roman s’apercevront que l’ensemble s’avère aussi très narratif. A travers les images qu’elle évoque et les ambiances qu’elle crée, la musique retrace à sa manière le déroulement de l’intrigue, chaque titre faisant référence à une entité, un protagoniste ou événement du livre. Par exemple, la plage d’ouverture s’intitule « Mange-Machine », du nom d’un appareil imaginé par Barjavel qui synthétise des pilules nutritives à partir de rien. Même l’artwork (œuvre de Denis Khokhrin alias Conjunctorium) s’inspire du symbole de la fameuse équation de Zoran, qui permets la pleine maîtrise de l’énergie et de la matière dans le monde de Gondawa.


Outre le fait d’être un concept-album cohérent, fidèle et ultra-référencé, ce disque n’en est pas moins une œuvre à part entière, tout à fait accessible à ceux qui ne connaissent pas le livre. En effet, la musique suffit amplement à vous placer en état de transe et à faire voyager votre esprit. D’ailleurs, je ne saurais trop vous conseiller d’écouter cet album au casque, allongés dans le noir et de vous laisser porter. Cela peut sembler cliché, mais ça n’en reste pas moins la meilleure manière d’apprécier ce genre de musique à sa juste valeur.

Raoul Duke



Flint Glass/Polarlicht 4.1-Transistor – Zoran’s Equation
Date de sortie: 2011
Label: Funkwelten









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