Dope D.O.D.- Branded






La scène hip hop a toujours eu à cœur d'explorer toute sortes de mariages de styles à travers son histoire (et pas seulement de s'enfoncer devant le grand public dans la pire médiocrité). Ce qui, n'en déplaise aux détracteurs-réducteurs, a été à l'origine de beaucoup de musiques que nous écoutons aujourd'hui.


Une des dernières idées explosives a été le Grime dans les années 2000 au Royaume-Uni, mélangeant un rythme lent à 140Bpm – qu'on allait appeler plus tard Dubstep – à un phrasé très dur et lourd.


C'était la petite leçon d'histoire nous permettant d'introduire – en tout bien tout honneur – Dope D.O.D., gentil groupe des Pays-Bas à l'air très « affable » qui commence à tout bousculer après s'être fait connaître via le buzz autour du clip de « What Hapened ».

Ce qui sur le papier – le mélange Dubstep/hip hop – peut inquiéter, se révèle un excellent moyen de redynamiser une scène qui s’empâtait un peu, mis à part quelques outsiders. L'impact des basses assaisonnées des wobbles habituels fournit un terrain idéal au rap du groupe qui est très loin du style boy scout, à l'instar de Foreign Beggars.

Ne parler que de Grime ne rend pas honneur à « Branded » le dernier album de Dope D.O.D., tant les 17 (!!) pistes de celui-ci sont variées dans les ambiances et les approches: Grime « pur », horror hip hop, scratch style old school, attitudes faussement relax.


Bizarrement, le résultat fait d'avantage penser au hip hop west coast – dans une version plus « gore » et de retour dans un biotope résolument anti « Bling Bling » - des années 90... dont les samples auraient bénéficié d'enfin plus de créativité (au détriment de Georges Clinton et des gars de Zapp notamment) et d'une réelle aptitude à écrouler les murs de votre appartement.

Le « Flow » se situe entre l'école N.W.A/Dr Dre et celle de Cypress Hill. Par contre la puissance de la musique amène un impact beaucoup plus fort et sombre que ses illustres ainés. On note aussi un souci beaucoup plus important quant à la recherche musicale et sa production par rapport aux habituels enchevêtrements de samples archi-utilisés, et qui est pour beaucoup dans la variété des morceaux.


On croyait que tout avait été dit dans ce style de hip hop agressif et sombre avec la période du Wu-Tang et autres Onyx (on citera aussi Busta Rhymes pour cette ambiance d’hôpital psychiatrique tout aussi propre à nos néerlandais), et voilà qu'un énorme coup de massue venu de « Goudaland » change la donne de la puissance et d'un niveau de qualité à faire baver les MC's californiens, quitte à peut-être devenir les nouveaux papes du genre (Popes of Dope D.O.D?) en installant une nouvelle référence de claque dans la tronche pour le hip hop.


À écouter sur un gros système, les basses à fond, définitivement.



Suicyco

(Raoul Duke pour le calembour du pope)



Dope D.O.D. - Branded

Label: Dope D.O.D. Records

Sortie: Décembre 2011

Site :  http://dopedod.com

Commande (CD):  http://dopedod.com/merch.html



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