Dexy Corp_ - Uchronopolis




Dans les années 70, William Gibson et Bruce Sterling (entre autres) ont créé un nouveau courant – d'abord littéraire - laissant la part belle aux nouvelles technologies dont la cybernétique et celle de l'information virtuelle qui sera appelé le Cyberpunk.

De là, beaucoup d’œuvres suivront leurs traces, notamment au cinéma (on pense bien sûr à Blade Runner, Matrix, Akira ou bien encore Brazil) , mais aussi plus tard dans un courant musical assimilé au metal indus mais en plus speedé.

Les années 90 verront éclore ces groupes mélant sons électroniques et grosses guitares pour une ambiance de fin du monde. Que l'on soit bien clair, en parlant de cyberpunk, nous ne parlons pas de ce courant fluo-goth de fifilles à tubes dans les cheveux mais bien d'une approche quasi post-apocalyptique et technologique qui sent autant la sueur que le silicium. Paradoxalement, alors que nous arrivons dans une époque qui pour certains points fait plus qu'évoquer les scénarii les plus sombres des romans des auteurs suscités, nous voyons beaucoup moins de groupes emprunter la voie cyberpunk.

Est-ce que le fait que l'enfer se décline au présent plutôt qu'à un éventuel futur rende la chose moins attrayante? Ou peut-être plus effrayante?


Dexy Corp_ fait partie des irréductibles. Les tourangeaux semblent tout droit sortis d'une salle de concert de la zone de combat de Los Angeles 2020, escortés de netrunners et de solos! Après Fragmentation, voici leur second album, Uchronopolis.

Uchronopolis est peut-être notre futur ou un présent - un tout petit peu seulement – alternatif dans lequel il serait si facile de glisser. Une sorte de ville parallèle – Fall Out rencontre New York 1997 et Akira - dans laquelle l'uchronie consisterait en  « Et si nous rassemblions les effets attendus de toutes nos conneries dedans? ».


Dexy Corp_ - Uchronopolis


L'intro (« Welcome to Uchronopolis ») qui, comme les autres intermèdes, bouscule les repères temporels de l'expédition intra-muros dans une ambiance diesel-punk (voulant peut-être nous indiquer ce par quoi tout à commencé), nous donne déjà le ton par une réminiscence éthérée de Brazil, un peu comme si nous entendions cette musique au fond du couloir d'un asile de fous (celui de l'armée des 12 singes peut-être?).


Dès « Black Flash », on est directement assaillis par la violence des guitares appuyées par les synthés. La voix de Krank, le chanteur, est agressive et haineuse et nous embarque dans cette ville de cauchemars où chacun lutte pour sa survie. L’enchaînement des titres fait penser à une poursuite effrénée sans aucune possibilité de repos mais avec un maximum de risques.

Beaucoup plus musclé que leur 1er album (et peut-être un peu moins connoté « metal goth »), ce second opus laisse parler les guitares et, contrairement à beaucoup de groupes du genres, une batterie très inspirée et pas seulement monomaniaque d'une seule rythmique. Nous sommes plus ici dans un registre metal punk. La partie électronique apporte une réelle touche par les sonorités bruitistes industrielles (un peu à la ministry). Par contre, certaines nappes de synthé sont un peu cheap et sonnent le déjà entendu (dans fragmentation mais aussi chez beaucoup d'autres groupes) et auraient surement mérité une plus grande recherche.


L'ensemble est d'une terrible homogénéité dont l’énergie jamais en dessous du rouge laisse l'auditeur essoufflé après l'écoute. Par contre, parions que « No Tears », « The Great Parade of Monkeys » ainsi que « Lockdown » seront rangés au rayon tueries!

N'oublions pas le superbe artwork de l'album tant au niveau de la cover (dépliable et panoramique) que de la richesse du livret. Un véritable effort a été réalisé et ça fait plaisir d'acheter un tel objet!


Le mot de la fin? Je mettrai Uchronopolis dans mon lecteur quand j'irai buter du zombie!


Suicyco


Label: Black Rain

Date de sortie: Décembre 2010

Myspace: http://www.myspace.com/dexycorp

commander (CD): Amazon.fr ou Season Of Mist


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