Ben Sharpa - Ben Sharpa





East coast, West Coast, rap français, blablabla... Dans nos contrées la connaissance du rap se limite malheureusement à ces horizons. C'est vrai, quelque fois pour le meilleur, mais trop souvent désormais, pour le pire...

Par contre, si on prend la peine d'élargir son champ d'investigation, on se rend vite compte que le hip hop est encore ce vecteur de contestation efficace qu'il avait été aux USA et en Europe jusqu'aux, disons, années 90.


C'est en écoutant l'album de Niveau Zero que j'ai découvert un rappeur sud-africain incisif et efficace. Après de courtes recherches (le monsieur est assez connu dans le milieu en fait), je suis tombé sur plusieurs Ep et sur cet album éponyme ("Ben Sharpa", pour ceux qui ont du mal à suivre).

Ben Sharpa (de son vrai nom Kgotso Semela) est né à Soweto, Afrique du Sud et a déjà un beau parcours derrière lui, en solo ou en "crew" dans notamment GroundWorks ou Audio Visual.


Ici on oublie les hin hiiin, ouééé and co pour de vraies paroles prenant racines dans le passé et l'actualité de son pays mais aussi du constat entourant le bonhomme. On sent la puissance des lyrics par le fait que l'on pourrait couper la musique et toujours apprécier le morceau.

On est effectivement devant un bel exercice des bases du rap sur un ton de conversation ou de constat rappelant le free speech ou les fameuses battles de MC's. Un micro et accessoirement une beatbox (human ou non) et on y est déjà.

Si vous voulez vraiment des comparaisons qui, de toutes façon sont toujours foireuses, imaginez un morceau de KRS ONE interprété par un mélange de Wyclef Jean, dEPMD et de The Roots.


Tout ça c'est déjà bien, mais c'est oublier les talents de producteur de Ben Sharpa et c'est là qu'il nous étonne d'une manière extrêmement bienvenue.

Contrairement aux autres rappeurs "mondiaux" (mais on peut aisément étendre le concept à toutes les musiques) qui soit copient bêtement le modèle américain, soit intègrent – façon copier/coller – des éléments de leur folklore (quelques fois ça passe, quelques fois on passe d'une musique personnelle à de la bête "world" racoleuse), Sharpa plonge dans un autre univers aux sons électroniques minimaux (voire "game boy") mais iconoclastes.


C'est d'ailleurs assez étrange car l'ambiance sonore fait souvent penser – et je ne parle pas du style mais seulement de l'atmosphère – aux sensations délirantes que l'on pourrait avoir à l'écoute d'un bon vieux funkadelic ou des Busta Rhymes les plus barrés.


Et c'est justement ça qui fait mouche! Des paroles intelligentes et percutantes sur une musique un petit peu outta space (pour ne pas dire sous substances quoi), permettant plusieurs types d'écoutes selon les gens et les humeurs.

Un seul petit détail qui aurait pu être évité: ça faisait longtemps que je n'étais plus tombé sur un morceau "caché", mais en plus celui-ci (auto-congratulations du personnage) était vraiment dispensable...


Suicyco

Label: Jarrings Effects

Date de Sortie: Novembre 2009

Myspace: http://www.myspace.com/bensharpa

Facebook: http://www.facebook.com/pages/Ben-Sharpa/7155669621?ref=ts&v=wall

acheter (mp3 et CD)


Retour aux reviews                                                                                                   Back to the top

                                                                                               




Comments