AXIOME - Ten Hymns for Sorbetière or How I learned To Stop Worrying and Love The Freezer









On n'y croyait plus, on pensait vraiment qu'Axiome, le bébé de C-Drik(Kirdec,etc...) et Olivier Moreau (Imminent) n'aurait plus d'actualité, vu que cela faisait tout de même 7 ans que le dernier opus était sorti (le Ep « Il pleut des cordes » - car cela ferait carrément 11 ans si on compte le dernier album datant de 2001 « ça ne nous rendra pas le Congo »!) et que nos lascars sont déjà très occupés avec leurs projets personnels. C'était sans compter la complicité qui lie les deux amis d'enfance et qui les a poussés via de multiples sessions de « création » où la musique n'avait quelques fois que peu de place à sortir le projet du frigidaire.



Ce qui ne change pas, c'est leur humour un brin débile et très « belge » (c'est un compliment!) que l'on retrouve surtout dans les titres d'albums et de morceaux. Le dernier en date poursuit cette fameuse ligne de conduite, puisqu'il s'appelle (profonde inspiration) « Ten Hymns for Sorbetière or How I learned To Stop Worrying and Love The Freezer »...


L'aspect turbulent de la projet ne doit pas nous faire oublier qu'Axiome a été le révélateur d'un style de musique pour beaucoup, dont certains sont devenus à leur tour musiciens. Et ce que l'on en retient surtout est la complète liberté des 2 artistes quant à la direction qu'ils font prendre au projet au fur et à mesure de son parcours. Cette fois-ci encore, ceux qui voulaient le breakcore des derniers albums en seront pour leur frais! Les années passant, leurs carrières respectives ainsi que l'expérience acquise les ont un peu lassés d'une musique qu'ils avaient déjà exploré. Ils ont par contre ingéré tout ce qu'il ont pu faire et ce à quoi ils sont arrivés chacun de leur côté pour orienter « 10 Hymns » dans une direction electro/techno frénétique faisant la part belle aux sonorités acid, noise et « industrielles » (dans les rythmes et les natures de grosses basses distordues). L'alchimie entre ces deux amis parvient à un résultat tout à fait homogène tout en permettant à l'auditeur connaissant les artistes de reconnaître les sensibilités de l'un et l'autre.


Le titre de l'album et ceux des morceaux font clairement référence au froid, mais franchement, bien que l'on puisse y trouver des symboliques après écoute (entreprise s'apparentant à trouver une véracité en l'astrologie après avoir passé la journée à noter des détails vérifiant des prédictions on ne peut plus vagues), je ne vais pas faire d'énormes efforts en ce sens face aux même coupables de titres du genre « un paquet à 50»(n'oublions pas le remix... »un paquet à 60 »!), « Du brin,c'est pas de l'or », et j'en passe. Ce qui compte, c'est que la minutie et le perfectionnisme « Axiomien » pour chaque seconde et piste est toujours présent au point que l'on a impression que l'on pourra entendre les morceaux 50 fois sans réellement avoir fait le tour de tous les sons présents.


Si froid il y a, il réside dans l'absence de chaleur corporelle, vu que l'on est plongé dans un monde où les machines règnent en maître sans aucune interaction humaine. Une sorte de « Maximum Overdrive » (nouvelles de Stephen King ayant abouti à un nanar culte avec entre autres Emilio Estevez) revu et corrigé par les petits-fils – en moins lymphatiques – de Kraftwerk.


Qu'à cela ne tienne, la « Axiome Touch » est bien là! On n'arrive pas à se séparer de l'album une fois l'écoute terminée. Ne prenez plus votre sorbetière à la légère.




Suicyco



AXIOME - Ten Hymns for Sorbetière or How I learned To Stop Worrying and Love The Freezer

Sortie:  13/04/2012

Label : Ant Zen

Commander: CD / DIgital

Site(FaceBook): https://www.facebook.com/pages/Axiome/378768248862864