Amesha Spenta



Comme les bonnes choses n'ont pas d'âge et ce, surtout dans la musique, laissez-moi vous présenter Amesha Spenta, projet de Quietophobic alias Sebastien Béné-Le Touarin dont l'album (eponyme, ou sans titre comme vous voulez) est sorti chez Audiotrauma en 2009.


"La musique est née lorsqu'un un hommes des cavernes a commencé à taper sur une souche avec un os" dit-on souvent. La musique industrielle est, elle née lorsqu'un mec a tapé sur une jante de bagnole avec une barre de fer... Il doit y avoir quelque chose dans nos gènes qui nous ramène aux mêmes fondamentaux et cela, Sebastien l'a bien compris en bouclant la boucle avec Amesha Spenta.

(Auto?)proclamé industriel éthnique, Amesha Spenta ferait penser – au premier abord - dans sa démarche aux projets de Nicolas  Van Meirhaeghe - Empusae et Tzolk'in. Oui, dans un sens c'est exact, mais une immersion dans cet album nous révèle un côté primitif - dans le sens fondamental du terme: premier – qui met face à face les homo industrialus que nous sommes et notre mémoire collective, profondément enfouie mais jamais réellement oubliée.


Tout en ayant la "touche" audiotrauma (ces sonorités noise et sombres, cette mélodie au piano de "Void" ne déteindrait pas dans un Sonic Area ou une intro de Chrysalide, idem pour cette montée en puissance de "Miasma" et il est un excellent trait d'union avec son voisin de label Mind Necrosis Factor), cet album est un cheminement quasi-mystique (le nom Amesha Spenta vient d'ailleurs du zoroastrisme, également référence de la pochette) à la fois dans notre âme mais aussi vers un état universel, comme avant Babel...ou après l'Apocalypse.

Le début du voyage nous est familier (reflété par les premiers morceau comme les très "urbains" et modernes "frantic" et "Void") pour ensuite opérer une inéxorable exploration de ce qu'est la race humaine dans ce qu'elle a de plus tribal avec le très persan "Prognosis" comme charnière vers ce grand feu cérémoniel autour duquel l'humanité entière danserait au son de toutes ses cultures, présentes, passées et futures, comme peut le faire également Von Magnet dans son propre registre. La fin du voyage intérieur est fort bien cloturée par le remix de "Prognosis" par Sonic Area (Arco ayant d'ailleurs mixé l'album et conçu l'artwork du CD) et celui d'"Energram" par Zenta.


Lancinant comme une transe ("Energram"), cérémoniel (l'énorme "Formalin"), menaçant ("Miasma"), chaque morceau recèle une émotion particulière via une alchimie réussie des sonorités modernes de la musique électronique et noise avec celles séculaires qui nous ont conduits jusqu'à ces dernières. D'ailleurs la plupart des morceaux pourraient être entièrement joués à l'aide d'instruments traditionnels (et je ne parle pas des guitares-basses-batteries!).


Vous aurez compris: cet album est chargé émotionnellement et musicalement. Et même s'il est souvent puissant, rien ne vaut une première écoute dans la pénombre, les yeux fermés...mais à un bon volume quand même! Et vous l'aurez aussi deviné, au vu de la date de cette chronique: on y revient souvent à cet album, et c'est toujours pour le meilleur!

Comme notre bonhomme, après moults hésitations et questionnements, s'est enfin remis au travail, gageons que nous prendrons une nouvelle claque fin 2011, début 2012... Nous serons bien sûr là pour tendre la joue.


Pour finir, une dernière remarque:

Il est savoureux, à l'écoute de plusieurs artistes du label (Twinkle, Sonic Area, Chrysalide, F.Y.D, Ten Data Keshin,...), de remarquer une constante dans l'originalité qui nous confirme qu'Audiotrauma est né d'une bande de copains motivés qui s'amusent, se conseillent, s'encouragent et s'influencent mutuellement pour finalement livrer, on dirait,l la déclinaison personnelle d'une même idée commune.

Comme un album qui peut s'écouter d'une traite ou morceau par morceau, on devrait peut-être envisager la même démarche avec cette entité de traumatisés!


Suicyco


Label: Audiotrauma

date de sortie: 2009

myspace: http://www.myspace.com/ameshaspentamusic

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