Adrift For Days - The Lunar Maria




Le rock est souvent devenu un gros supermarché. On y vient sans espoir de surprise pour des tonnes produits identiques sagement rangés dans chaque rayon selon le genre. Des têtes de gondoles souvent insipides mais savamment disposées par des champions du marketing, et des promos "fin de vie" proches de la date de péremption, ou carrément l'ayant dépassée depuis longtemps et habilement ré-emballées. Ajoutons à cela des consommateurs de plus en plus fermés à leur rayon préféré, qui en aucun cas n'iraient voir ce qu'il se passe juste à côté.

J'avoue y entrer de moins en moins souvent, certain que je suis de ne plus trouver de perle rare. Déçu de voir cette musique autrefois révolutionnaire – dans tous les sens du terme - désormais routinière et bien cataloguée pour ne pas déranger le chaland. Et de fait, c'est lorsqu'on ne cherche plus que l'on tombe sur la grosse perle au hasard d'un surf erratique sur le net.


Adrift for Days? Jamais entendu parler! Ouais bon, le player myspace sort des trucs pas mal, mais vous savez ce que c'est: on est aussi concentré devant ces trucs qu'un directeur artistique d'Universal sous speed... Ah? leur album est téléchargeable gratuitement! Bon, on essaie alors!

Voilà le parcours, très héroïque et passionné vous en conviendrez, qui a amené chez moi un album magistral. OUI! The Lunar Maria, premier album de Adrift for Days, même pas sur un label, est un coup de maître m'ssieurs 'dames!


Certes ces Australiens sont allés très souvent dans ce grand magasin du Rock, mais butinant de rayons en rayons sans préjugés et assimilant les genres qu'ils affectionnent. Des pères fondateurs, comme Pink Floyd ou Black Sabbath, aux défricheurs de toutes époques – Neurosis et Sun O))) en tête - en passant par les élèves doués (Alice in Chains, Down,...). Ils ont ramenés tout cela à la maison, ont écoutés les œuvres, les ont digérées et intégrées dans leur désir de création.

Beaucoup de gens mettent des années et plusieurs albums avant d'y arriver, mettant ainsi la charrue avant les bœufs, dans leur volonté somme rafraichissante de faire quelque chose. Intelligemment, Le groupe de Sidney l'a fait avant leur 1er album!


The Lunar Maria est un des ces cocktails, vous savez ceux qui ont plusieurs ingrédients séparés faisant des couches de couleurs différentes? Et c'est exactement cela, sauf que l'on nous a caché les couleurs et l'épaisseur de chaque couche. 

Chaque morceau est une surprise, voire un guet apens, commençant très lentement dans une sorte d'état méditatif primal très « arrière pays » (« Bury All That's Chosen ») ou de désespoir à la Perfect Circle (le Magnifique « Messages through Sleep »), pour nous attendre au coin de la rue avec une batte de baseball pour nous assener des coup de rage drone, sludge, stoner, doom,etc... vraiment inattendus.


On amorce souvent chaque « volet » (on ne peut pas parler de morceau dans un album aussi homogène) par un down tempo trompeur qui ne laisse jamais entrevoir la suite (que ce soit le quand ou le comment). Construits sur une structure rappelant une version doom/drone de Pink Floyd, les 7 morceaux (oui c'est un album: 71 minutes, c'est dire la parenté citée juste avant) sont avant tout une histoire contée comme un roman ou un opéra. 

Des moments lents et sombres qui ensuite rebondiront vers des chemins qui surprendront toujours l'auditeur au moment où il commencera à s'installer dans la mélodie, avec grosses nappes drones et/ou doom agrémentées de riffs rappelant les meilleurs moments des guitar heroes des 70's ou du grunge. La voix du chanteur Michael Kaslik mettra une touche finale d'intensité au tableau, rappelant tantôt un Phil Anselmo période Down ,tantôt un Robb Flynn (Machine Head) avec l'urgence d'un Layne Staley ( Alice In Chains )

Ce disque ne plaira peut-être pas aux puristes monomaniaques (mais on emmerde les puristes monomaniaques ici) et n'est pas révolutionnaire. Mais tout en étant une excellente passerelle pour les néophytes vers du Neurosis ou du Sun O))), il arrive surtout à mélanger avec brio toutes les influences des membres du groupe afin de nous livrer un album certes très noir mais extrêmement palpitant et plein de surprises!

Pour les gens qui aiment les comparaisons et les raccourcis, disons que c'est un split entre Neurosis, Sun O))) et Alice in Chains avec les ectoplasme du Floyd de Pompeï à la prod!


Ces gars, finalement, ont tout compris au grand magasin du Rock: faire ce que l'on veut et jouer ce que l'on aime, sincèrement et intelligemment. On en redemande!


Suicyco


Adrift For Days - The Lunar Maria

date de sortie: 08/2010

pas de label

Free download: link1 / link2

Commander (CD Digipack):  Bigcartel ,



Retour aux reviews                                                                                                        Back to the top

                                                                                                   


Comments