Adolina - Caldeira






« Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. »

Je sais, ce n’est pas une citation trop appropriée pour commencer la chronique d’un album rock. Mais il faut quand même reconnaitre que voir un petit prince sapé d’une cape bleu en plein désert te demander « dessine-moi un mouton », ça ressemble furieusement aux chauve-souris vues par Johnny Depp dans las Vegas parano... On est donc en droit de se demander si le Saint Exupéry n’aurait pas influencé un peu Hunter S Thompson…Mais bon, revenons aux nôtres, de moutons.


« Caldeira » fait partie de ces albums qui, souvent rejetés du grand public, ne se laissent apprivoiser qu’après plusieurs écoutes. Prendre le temps est important pour découvrir la beauté subtile de cette production qui échappe à toute catégorisation standard du rock. On est dans une musique quasi instrumentale et proche d’un minimalisme brut.

Minimaliste (qui ne veut pas dire simpliste)… le mot tombe comme une évidence lorsqu'arrivé au bout de l’album, la tête résonne encore de ces riffs de guitares répétés et soutenus par la rythmique « sèche » de la batterie. Personnellement, cela m’a un peu rappelé la pièce IN C de Terry Riley et ses motifs qui se répètent à « l’infini », ou le travail d’un Charlemagne Palestine à la recherche de la note parfaite…la note d’or.




A lire ce qui précède certains penseront « ouais, une musique casse-couille » ou encore « un rock élitiste de pseudo-intellos » et ils n’iront pas plus loin…Grosse erreur, car comme dit précédemment, « Caldeira » ne dévoilera sa richesse qu’après 2, 3 écoutes attentionnées.


Il y a un moment où l’on bascule derrière ce mur sonore, massif et répétitif, pour découvrir une voix monocorde qui complète à merveille le son abrasif des guitares, ou la légère vibration d’une cymbale qui vient comme un courant d’air rafraîchir le souffle étouffant de la basse. Parfois, des dialogues sortis d’on ne sait quel film obscur, s’invitent sur la partition… ça remplace très bien le chant grégorien. 

Au moment où l’on se met à bouger la tête dans un mouvement « Ciel-terre », les yeux révulsés et le corps tremblotant, une variation de tempo vient, tel un uppercut, nous sortir de cette transe dans laquelle la musique d’Adolina nous plonge.

On se relève groggy mais bien décidé à replonger dans ce magma sonore pour connaitre l’espace d’un instant le nirvana promis par le « Caldeira » (Je m’enflamme et commence à divaguer).

Et puis, arrive l’instant, ou la messe est dite, ou le combat se termine, les amplificateurs se coupent, les dernières notes s’étouffent sur une corde métallique sans vie, et on revient peu à peu dans la réalité accompagné par le jeu ondulatoire d’un son (Produit par la serviette que secoue, devant votre visage, le gars resté à vos cotés, boules quies dans les oreilles, pour accompagner votre voyage initiatique et vous aider en cas de mauvais trip)

On pense que c’est terminé et on voudrait atteindre le frigo pour se fournir en fleur de houblon (le seul véritable produit qui désaltère dans le rock…Putain, ça c’est de la bonne phrase publicitaire), mais Adolina aime le travail bien fait, et nous achève avec un dernier morceau, intitulé « Contrôler et servir » et qui vient détruire nos derniers neurones… après ça, seule une mobylette a le droit d’encore faire du bruit…


Voila, je vous aurais prévenu, qu’à l’écoute de cette production, le risque est grand de terminer errant dans ce froid hivernal en prononçant d’incompréhensibles paroles ou finir nu au soleil (cela dépendra de la période saisonnière à laquelle vous écouterez l’album) les bras levés vers le ciel et prononçant : « Maître Caldeira, j’ai entendu ta sagesse ».

Sur ces quelques mots, qui n’ont encore aucun sens pour vous, et en attendant la sortie de l’album, j’aurai presque envie de vous dire « Santé » tellement il fait soif ici.



JC


Adolina - Caldeira
Date de sortie: mars/avril 2012


Commander: (à venir)







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