Stéphane "Jenn" des Modules Etranges

Certains me connaissant seront un peu surpris héhé ! En effet, Stéphane ou « Jenn », qui officie actuellement dans plusieurs groupes dont « Les Modules étranges » est un drôle de personnage assez connu des milieux virtuels à consonnance « dark ». Provocateur, je-sais-tout, parfois chiant et lourd, Il a été durant un certain temps l’agitateur des forums, voire leur bête noire. Beaucoup l’ont attaqué (quelque fois de façon très basse) ou encore n’ont plus aller plus loin pour le connaitre « dans la vraie vie », lui ainsi que ses projets, le catégorisant ainsi comme simple « bête noire du net ».

Mais Jenn, c’est aussi quelqu’un qui a toujours eu une volonté de faire des choses dans la musique qu’il affectionne ? Actifs des assos ou des tas de groupes, il n’a jamais abandonné pour baisser les bras, l’âge insouciant de la jeunesse passé (comme beaucoup le font malheureusement).

Une très forte personnalité qui reste à connaître, une volonté inébranlable pour vivre la musique ainsi qu’un bel exemple  de tous ces gens qui font la scène indépendante,  ça vous va ma p’tite dame ? y en a un peu plus, je vous le laisse ?

Une interview qui, je l’espère, clarifiera certaines choses et nous montrera la vie d’un de ces acteurs qui font que la musique ne se résume pas (encore) aux produit pré-emballés que l’on voudrait nous servir exclusivement.




ALA : Comment et vers quel âge tu t'es dis que tu voudrais faire de la musique? et quel a été le parcours pour y arriver?


Steph : J'ai envie de dire dès le berceau car le mode de vie de mes parents correspondait à des valeurs «post- hippie » dans les années 80- ce qui fait que j'ai pu profiter d'un background musical dans lequel la musique des sixties/seventies était glorifié.

Ca fait très prétentieux mais finalement c'est arrivé à plein de gens : je n'ai pas subi cette situation et j'en a tiré mon parti.

J'ai appris beaucoup auprès d'artistes aussi discrets qu'inspirés pendant mon enfance, et puis de gens un peu space vivant une espèce bohème prolétaire.

Ensuite c'est les 90's, j'ai avancé à l'inspiration de manière un peu intuitive, trois leçons de guitare plus tard je faisais déjà un groupe genre Bérurier Noir très à l'arrache... trois poils sur le menton, des voix d'ados n'ayant pas encore mués... c'était complètement nul, mais ça nous mettait dans un état second alors pourquoi pas.

Pour moi une musique qui ne mène pas à une sorte de transe n'a aucun intérêt.

Ensuite j'ai formé une foultitude de groupes plus improbables les uns que les autres, sévissant dans des genres aussi variés que le punk, l'expérimental, des trucs un peu cold... une poignée de concerts à l'arrache avec plus de conviction que de musicalité, beaucoup de bruit et de sueur, des tonnes des démos sur cassette... rien de formidable.

Depuis 2007, je fais des groupes un peu plus « sérieux » (Les Modules Etranges, Berlin Wall Lovers , In Loving Memory).

 


ALA : Comment es-tu "tombé" dans la cold-wave, new wave et les sons des 1er groupes de ce genre ? Car tu étais plutôt jeune au début des 80's.

 

Steph :Tout est venu avec The Cure, j'écoutais un peu tout et n'importe quoi : la musique pop marketée pour les ados principalement, mais quelque chose chez eux me mettait en transe : je les trouvais beaux, rebelles, différents, la quintessence de la modernité. J'aimais bien Depeche Mode même si ils avaient quelque chose de profondément plastique. Il faut se rappeler que dans les années 80, avoir un poster du groupe c'était déjà s'exposer à des commentaires désobligeants voire des commentaires homophobes, sur la dégénérescence de la jeunesse qui perdait sa virilité (liée au port de la guitare bien phallique) en écoutant une musique jouée par des machines (donc tout sauf de la « vraie » musique).

D'ailleurs je trouve ça « fun » aujourd'hui d'entendre les ayatollahs du synthé analo dire que les bonnes vieilles valeurs se barrent en couille... ça n'en finira donc jamais.

J'ai dû attendre les années 90 pour m'ouvrir au punk par le rock alternatif punk et autres, ensuite le hard core et le metal etc... ma découverte de Siouxsie et Joy Division en 1992 à marqué ma rupture avec les idées de « mouvements » musicaux, il n'y avait pas assez de « gothiques » (on n'utilisait pas ce mot) pour créer un groupe et il fallait coexister avec des gens d'horizons musicaux variés.

Je rappelle qu'il n'y avait pas d'internet et que le partage de la musique par le biais des cassettes audio était la colonne vertébrale du mouvement alternatif en général, avec l'achat des disques. Donc à chaque fois qu'on découvrait un groupe c'était la révolution, on écoutait beaucoup les mêmes cd car ça coûtait cher.

Donc les premiers New Order, les Sisters Of Mercy, Virgin Prunes, les premiers Cure, Christian Death, Bauhaus : tous ces groupes nous les écoutions énormément ce qui fait que finalement on se forge assez vite un panthéon des groupes finalement  indépassables en termes de références.



ALA : Une petite description de tout ce que tu as fait (groupes, orgas,...) ?


Steph : Je commence par mon actualité, j'ai donc créé les Modules Etranges en 2007 avec Azia et nous avons sorti deux albums autoproduits après quelques démos sur le net et joué plus d'une trentaine de concerts à Paris et dans l'Ouest. J'ai aussi rejoint cette année le groupe italien ILM – In Loving Memory avec qui j'ai sorti un EP « Phrenology » (dispo ici). On a d'ailleurs signé tout récemment sur le label portugais Pray Silence Records. Le groupe est composé principalement de nantais (dont moi) ce qui en fait un groupe très européen.

Je sévis aussi dans un groupe de rock connoté 80's (neworderesque?) Berlin Wall Lovers.

Je suis aussi président de l'asso Mirena qui a fait jouer à Nantes entre autres les groupes 1969 was Fine, Cindytalk et les Legendary Pink Dots en 2009 et 2010.

Pour le reste je tiens un minuscule label de productions libres sur le net et suis en charge de la « promo » virtuelle de tout ce beau monde, aidé par le volontariat de gens qui apprécient mes projets, et comme je suis toujours prêt à filer un coup de main à d'autres tout ça ne me laisse plus de temps pour mes projets à connotation expérimentale, si j'ajoute à cela le fait que cette musique noise/harsh/nawak que je faisais avant ne me parle plus tellement (en plus).




ALA :  Quelles ont été les principales embûches au fil du temps ?

 

Steph : Au début je ne savais pas gérer les groupes humains et maintenir une cohésion autant humaine que musicale, et puis il faut avouer que j'ai eu deux mains gauches pendant des années malgré mes tonnes d'idées, le matos pourri etc. ce qui faisait que ça ne motivait pas les troupes à se surpasser et à bosser. Les rares concerts étaient souvent de bons prétextes pour se mettre la race et baiser. Comme des ados, quoi.

Ensuite je me suis plongé logiquement dans des projets plus électroniques (toujours à l'arrache) sans avoir besoin de personne à part des musiciens à forte personnalité comme Wehwalt ou bien Edend (Weblabel Le Colibri Nécrophile, Parrhesia Sound System). Mais à part de bons souvenirs et quelques prestations cultes et déglingués en petit comité il n'en reste pas grand chose de tout ça dans ma musique, finalement. Ce sont pour moi des années de « formation » et j'ai pris mon temps.

Pour ce qui est des galères je n'ai jamais trop râlé par le passé car pour moi c'était une composante de ce mode de vie de musicien « culte » dans son cercle d'amis. Et être « culte » n'est pas toujours synonyme de respect. Par contre je pique sans vergogne les vieux riffs de mes anciens groupes pour les Modules en les adaptant, comme Vincent (Vx69) dit qu'il fait dans Punish Yourself avec leurs vieilles démos, ça me fait un point commun avec lui, cette manie de ne jamais rien jeter.

Ca sous-entend aussi d'être la mémoire vivante de son groupe ou de posséder les bandes démos. Who controls the spice controls the universe.



ALA : Comment "vois-tu" la musiques de nos jours et dans le futur: les gens par rapport à elle, comment sortir un album,... ?


Steph :Ce qui nous attend c'est soit un genre de Mad Max à l'échelle de l'univers virtuel : les machines qui s'arrêtent pour nous jeter à la figure notre dépendance à leur égard. Ceux qui auront vécu les années analogiques sauront comment faire, tant pis pour les autres, il faut bien qu'il y ait des blessés dans une « révolution », ou un genre de Jihad Butlérien.

Sinon... et bien pourquoi ça ne continuerait pas ? Le virtuel, le mp3 vont bouffer tout cru le mécanique comme le cd à supplanté le vinyle, sans état d'âme à l'image de tout progrès technique.

Au milieu de ça il y a des alternatives, des gens qui savent faire les choses à l'ancienne, qui ont pris le temps d'apprendre à faire ce qu'il font avec leurs mains et des instruments comme des artisans d'autrefois, et pas bouger des carrés sur un ordi (même si c'est intéressant aussi, mais il faut savoir faire autre chose que ça, tout de même). Mais il faut se rendre à l'évidence qu'il s'agit là « d'alternative » ou même  « d'alternatif » ou « d'underground », qui a évolué depuis des décennies.

Sortir un cd c'est finalement assez simple si c'est seulement une question d'argent (1500€  au minimum -pour un petit tirage avec un livret 4 pages- en comptant un mastering c'est ce qu'on paye, après chacun fait sa cuisine comme il l'entend). Ensuite il faut faire de la promo sur internet, toucher son cœur de cible et essayer de l'agrandir au fur et à mesure de ses progrès, chopper des dates de concert ...

En fait il faut se faire businessman à petite échelle, c'est « moderne », certains préfèrent laisser faire un « label » mais la signification de tout ces mots à pris un sens totalement différent depuis l'explosion du net. On sacrifie l'efficacité à l'authenticité...

Je crois que si on m'avait prédit le futur quand j'ai fait mon premier groupe j'aurais un peu flippé, mais en même temps il ne s'est rien passé de vraiment fracassant, trop de groupes qui se forment pour ne rien concrétiser ou ne rien apporter de plus ça a toujours existé (même si ça prend des proportions industrielles), trop de gens bloqués dans une scène et fermés musicalement (la culture, c'est comme la confiture...), trop de gens qui font de groupes et plus assez d'intéressés pour les écouter... Ou c'est bel et bien le complexe du panda que nous avons là... Le repli identitaire je laisse ça à notre gouvernement, la musique doit vivre elle est toujours en mutation, elle est faite de mélange d'idées et d'influences, ceux qui pensent aller contre ce mouvement ne font que s'entêter à foncer très vite dans un mur et à dire ensuite « même pas mal ».



ALA :  Vois-tu une différence dans "l'apprentissage" de la culture musicale par les jeunes par rapport à avant? Je m'explique: avant, même si on privilégiait sa musique actuelle on avait des potes, frères, médiathèques qui nous apprenait d'autres choses quelques fois du passé (années70 ou avant, blues,...) alors que maintenant il semble que c'est moins le cas. qu'en penses-tu?

Steph : Oui comme je disais on peut emmagasiner des tas de noms de groupes et de références, des millénaires de musique sur un disque dur. C'est ce que j'appelle la sainte trinité : Adsl, Wikipédia, Google. Le vécu dans les concerts c'est trop loin, trop cher, trop sale, trop ceci, pas assez cela, gnagnagna... Ca me plombe! Mais c'est pareil pour les cd : tout le monde est chroniqueur, journaliste, photographe, dj  mais personne ne veut acheter la petite rondelle de 12 cm qui nous apporte tant de bonheur. Quand les Cd étaient rares et chers ils étaient beaucoup écoutés comme je le disais, et c'est de cette manière qu'on se construisait une culture musicale, ça et les concerts.

Tu as raison de parler des médiathèques et des relations humaines, mais il y avait des magasins de disques aussi, rien ne remplace la fébrilité de l'acheteur dans une boutique spécialisée : un réflexe d'achat compulsif qui confine à l'orgasme.

Tu avais aussi toute une presse de fanzines qui ont été supplantés par Elegy et feu D Side, l'apparition des webzines prend le relais de tout cela, c'est dans une lignée de moyens de communication qui évolue naturellement.

Le fait que tout soit « disponible » en un coup de clic de souris aide aussi à relativiser certaines œuvres « cultes » ou a confirmer leur statut... mais le nivellement par la quantité je ne sais pas si c'est bien.

Je fonctionne par obsessions, à écouter un album en boucle jusqu'à l'écœurement, il faut être amoureux d'un disque, oui, un objet, quoi... ce fétichisme a encore du sens, comment tomber amoureux d'un écran d'ordinateur? Je ne comprends pas ça!

 


ALA : Mais tu te sers néanmoins de beaucoup d'outils du net! Ne crains-tu pas une overdose de la part des gens? Comment gères-tu un éventuel équilibre pour cela?

Steph : Je te dirais "à la guerre comme à la guerre", oui on utilise clairement un langage militaire pour parler de notre promo en privé.
Il faut qu'on parle de nous et que nous fassions parler de nous, c'est totalement assumé de notre part. 
Je pense que quitte à vivre avec son temps autant y aller à fond.  Quand des mecs créent des pages internet pour expliquer à quel point nous sommes "d'horribles fachos capitalistes vendus au système", d'abord ça nous fait bien marrer et ensuite on se dit que c'est le jeu... Si tu t'exposes il faut savoir encaisser derrière, sinon je déconseille.
N'importe quel prétexte peut devenir une news : Azia qui fait voler son soutif en concert, un after qui dérape en squattage d'hôtel, un fan déçu qui se met à nous "clasher"...
Ces gens ne peuvent pas savoir le plaisir qu'ils nous font en parlant de nous !! 
Ensuite il faut savoir que la concurrence est rude, pas tellement à cause du nombre de groupes, mais parce que le temps de cerveau disponible des gens face à des news se compte en millisecondes. C'est totalement déloyal par rapport à ceux qui font leur promo à l'ancienne, d'ailleurs.
Je pense aussi que ceux qui ne tolèrent pas cet aspect "spam" ou ne le font pas de peur de ne pas être trve on totalement raison : comme ça nous laisse plus de place pour être visibles : eux ils ont ce qu'ils veulent, ils sont célèbres dans leur cave et ça leur convient très bien car au fond ils n'ont pas d'autres prétentions, et ça on respecte aussi.


Nous on a envie d'aller très loin, c'est quelque chose que nous ressentons depuis le début des Modules Etranges. Si c'est putassier ? Probablement, mais j'ai envie de dire "pourquoi pas?", comme ça ça nous évite peut-être de l'être dans notre musique... Ca peut paraître cynique mais on se plaît bien comme ça, tant pis si on s'aliène une partie du public... les gens qui achètent nos disques et/ou viennent à nos concerts n'ont pas l'air de s'en soucier beaucoup... et on ne changera pour plaire à qui que ce soit, donc j'ai envie de dire "c'est comme ça"... J'ai du mal à dramatiser l'acte de se "vendre", je comprends tout à fait que ça puisse déplaire, par contre.
Et pour répondre à certains : NON, ce n'est pas contre productif, j'en ai eu la preuve encore récemment.





ALA : Parlons justement de la comm. Qui est Jenn? Est-ce Stéphane? Le fameux Jenn Birkenow? et pourquoi autant de personnages?

Steph : Oui en fait c'est un calembour foireux qui commence à dater un peu... Disons que j'ai toujours associé l'ordinateur à une sorte d'univers ludique, les jeux de rôles, etc. et parfois on n'est jamais très loin de ça (même si certains peuvent être sincères) dans les schémas sociaux qui se construisent sur internet.
C'est un vieux reste de mes années "punk", une manière d'agacer les gens en leur mettant le nez dans leur caca, de les renvoyer à leurs platitudes et aux petites mesquineries qui viennent de la réalité, mais qui transpirent tellement fort dans leurs 'rapports' virtuels qu'ils en deviennent vulnérables si quelqu'un arrive au milieu avec un esprit totalement kamikaze et irrévérencieux.
Je faisais des projets "musicaux" indus noise complètement absurdes avec des noms à coucher dehors et essayais de faire du buzz (sans trop me prendre au sérieux) avec des trucs un peu crapoteux je dois bien l'avouer... Enfin voilà : la devise de ce "Jenn" aurait très bien pu être "Why So Serious"...
Ca suppose aussi que la personne en question derrière son écran ne va pas bien du tout... En fait à cette époque Vincent de Punish passait pas mal de temps avec ses fans (ou amis) sur le net, il trouvait aussi probablement des personnes "hautes en couleurs" dans les gens qui aiment et suivent  Punish (ce qui est mon cas) et leur proposait de venir s'exprimer sur son site et c'est parti de là. 
Les coup des personnages c'était aussi une manière de se défouler à peu de frais, je voyais des personnes d'un petit milieu "dark" se prenant tellement au sérieux, on aurait dit qu'ils me tendaient la perche pour se faire sévèrement tancer.
Pour aller vite je dirais que pour des raisons personnelles ça n'allait pas vraiment fort, ce n'est pas une période de ma vie que j'affectionne particulièrement. Malgré tout j'ai cherché à rencontrer les personnes que je "provoquais" dans la vraie vie pour qu'ils me voient tel que je suis... C'est seulement à ce moment là que j'ai réalisé à quel point certaines personnes avaient été blessées par mes propos : je ne pouvais pas croire que des choses dites sur internet puissent prendre de telles proportions, c'est probablement idiot de ma part d'ailleurs.
C'est peut-être la seule chose dont je ne suis pas forcément très fier... mais je n'ai aucun regret quand au fait de partir en couille, par contre.
Bon on peut dire que c'est comme raconter une blague, une fois ça va...

Par la suite il y a eu toute une vague de personnes malveillantes, pas du tout fan de Punish d'ailleurs, qui sont venu s'inscrire sur le site pour tenter de "casser" le groupe et la "fan base" et pour y propager des idées d'extrême-droite, qui je dois le dire ne sont pas du tout les miennes. A ce moment là c'est devenu très ennuyeux, nous nous sommes mis ensemble avec Azia à peu près à cette période (elle aussi était inscrite sur le site de PY) et de plus en plus j'avais autre chose à faire que de clasher les gens comme un grand con que j'étais (et que je suis encore) juste 'pour le lol'.
On a très vite fait quelque chose en musique, ça plaisait à d'autres gens que nous (contrairement à avant), et il a bien fallu redevenir sérieux 5 minutes pour parler de notre groupe (et pas des conneries qu'on pouvait raconter) je dirais qu'aujourd'hui on n'en pense pas moins mais que nous avons appris le "langage du virtuel" et du "fermer sa gueule, même quand on n'en pense pas moins"... Et puis avec moi on n'est jamais à l'abri d'un "fake"... un fake probablement plus calme intérieurement mais qui n'aurait pas perdu sa verve.

Et même en relisant ce pavé je n'arrive pas à trouver ça "sérieux", tous ces trucs virtuels. C'est vraiment grave ? Encore aujourd'hui je lis des propos de certaines personnes qui ont gardé un souvenir tenace de "Jenn", je dois dire qu'ils doivent certainement y penser plus souvent que moi. "Il avait plusieurs personnalités", "c'était un schizophrène" ou "il avait plein de comptes sur myspace" j'ai envie de dire "oh ouiii, houlalala, mon dieu, c'est tellement grave..."
Why So Serious?


 ALA : Quelle est votre actualité (concerts, studio, compo)? J'ai entendu que vous bossiez sur un nouvel album?

Steph : J'ai déjà mentionné mes projets parallèles In Loving Memory et Berlin Wall Lovers, donc je ne reviens pas dessus.
Pour ce qui est des Modules nous nous concentrons sur la composition du troisième album qui devrait durer jusqu'à la mi-2011, moment où nous réfléchirons à qui fera le mix et le mastering avec nous, car nous avons désormais la chance de pouvoir choisir entre plusieurs personnes talentueuses (mais scandaleusement méconnues). 
Il sera probablement dans la lignée de notre morceau Mental Pop-Up ( http://www.myspace.com/lesmodulesetranges/music/songs/mental-pop-up-sade-mix-by-arco-75605033 qui apparaît sur la compilation S.A.D.E
 ) et à la multitude de groupes que nous écoutons en ce moment qui correspondent à des envies plus vastes que le répertoire "goth" stricto sensu même si il ne faut pas nous attendre dans un répertoire genre "Nouvelle vague" (ni demain... ni jamais, d'ailleurs) mais plus dans des enchevêtrements de guitares toujours plus déglinguées, pop et énervées, des rythmiques plombées marquées par l'empreinte durable d'un certain Michael Gira (une véritable obsession ces temps-ci, et certainement aussi un vieux côté punk à chien qui ressurgit, mais plutôt de manière frénétiquement electro ou minimale... tout ce qui nous fait chavirer, en gros ça sera du Modules mais en bien plus étrange.
 
Merci pour cet interview !

 

 

Propos recueillis par Suicyco

 

Les modules étranges :

Disco : DAWN (Août 2009)

            ANOTHER VISION (Mars 2010)

 Site : http://lesmodulesetranges.fr/

Myspace : http://www.myspace.com/lesmodulesetranges

Facebook : http://www.facebook.com/pages/Les-Modules-Etranges/50815955459

Forums: http://culture-gothique.xooit.com/index.php

              http://dead-and-buried.xooit.fr/index.php

 

Berlin Wall Lovers : http://www.myspace.com/berlinwalllovers

1er EP ( free download

 

 In Loving Memory: http://www.myspace.com/inlovingmemory9






Retour aux Interviews                                                                                                            Back to the top 


Comments