SHUB

(20/02/2011)






C'est à l'occasion de leur passage au bateau ivre à Mons - dont la programmation depuis quelques mois ferait passer le mot "frénétique" pour de la paresse! - que nous avons rencontré ces sympathique Nïmois. 
Bien qu'ils existent depuis bientôt 15 ans, ils restent assez peu connus du public, alors qu'ils n'ont absolument rien à envier à leurs amis de MARVIN ou PNEU par exemple.

Un très bon moment live, un excellent album (la chronique vient très prochainement): une belle découverte! Rencontre avec Ben (batterie), Ralph(guitare/chant), Didier (basse...et trompette!) et Denis (grand pourvoyeur de bières)

Vous pouvez même lire l'interview en musique!






ALA: ça s'est bien passé hier au student bar à bruxelles?

Ralph: Ouais, il y avait une quarantaine de personnes. C'était un petit bar mais l'ambiance était top!


ALA: Vous ne veniez que pour 2 dates en Belgique? Mais après vous redescendez en faisant une petite tournée c'est bien ça?

Ralph: oui 2 dates en Belgique pour 15 jours de tournée avec 14 dates.



ALA: Shub s'est formé en 1996. c'était quoi l'impulsion pour former ce groupe?

Ben: en fait, avec Didier, on jouait dans un groupe qui s'appelait Bush Pilots, et ensuite il est parti du groupe. C'est à ce moment que Ralph est venu dans le groupe et à ce moment là, on a gardé le mot « Bush », on en a fait un anagramme et ça a donné « Shub » (ndlr: prononcer donc « Choub »)


ALA: le groupe a souvent navigué entre trio, quatuor, encore trio, etc...

Ben: en 96, à la création de Shub, on était 3. Avec donc le pote de Londres, Francis, Ralph et moi. D'ailleurs, la démo on l'a enregistrée dans le studio de Didier à Anduze! C'est resté un petit moment comme ça, durant 2 ans à peu près. Après, il y a un autre pote, Jérôme, qui est venu faire de la guitare dans le groupe. Ensuite, Francisco s'est barré à Londres et on s'est donc retrouvés à 3 et j'ai croisé par hasard Didier, après quelques années, je lui dis « viens passe à la répét ». Donc, on est redevenus 4. Puis Jérôme est parti. Là on est en 2004.

C'est à partir de ce moment qu'on a commencé à enregistrer des albums.


ALA: vous avez toujours eu votre style musical actuel?

Ben: oui en gros! Si t'écoute les vieux trucs comme le split qu'on avait fait en 98, à 4 donc, et sans Didier, on y retrouvait beaucoup de pièces déjà posées. Et ensuite avec l'arrivée de Didier ça s'est développé. Bien sûr, ce n'est pas identique à ce que l'on faisait il y a 10 ou 15 ans, mais on sent qu'il y a un fil conducteur.


ALA: Quand on ne vous connait pas et qu'on demande « c'est quoi Shub? » - que ce soit à des gens ou sur internet – on retrouve assez souvent la réponse « groupe-à-la-sonic youth ». Vous aimez, vous revendiquez cela? Ou ça vous fait un peu chier à la longue?

Ralph: Bah non pas du tout. En fait, nous, on ne l'entend pas très souvent cette comparaison, mais c'est un groupe qu'on a tous écouté.

 

Ben: Qu'on n'écoute plus forcément mais qui a fait partie de groupes qui ont formé notre culture musicale à un moment donné. C'est ce qui nous a fait découvrir plein d'autres groupes, Sonic Youth.


ALA: Justement, tu parlais de votre culture musicale des débuts. Quelles étaient donc vos influences quand vous avez commencé?

Ben: A l'époque ou aujourd'hui?

ALA: les 2 tant qu'à faire!

Ralph: C'était plus tourné vers l'indie noise américaine.

Ben: ouais...Pavement...

Ralph: Dinosaur Jr des trucs comme ça...


ALA: Et en France?

Ben: les Deity Guns, Sloy

Ralph: Bastard

Ben: Und So Weiter (rires) (quintet noise nîmois dans lequel jouait Didier). Les groupes aussi comme Heliogabale. Quand on a commencé on avait 16-17 ans, on allait voir plein de concerts, puis on s'est mis à en organiser aussi. Donc ouais, toutes la scène française des années 90 tout ça!


ALA: Et maintenant, comme tu m'avais demandé, vous avez des influences?

Ben: Maintenant c'est beaucoup plus ouvert! On n'a plus 17 ans, on n'a plus d’œillères sur ce qu'il faut écouter et ce qu'il ne faut pas écouter. Donc forcément ça peut aller du Rébético, en passant par le Hip Hop...le Ska...Didier...(tout le monde se marre).

En fait Didier il joue de la trompette...et...(Didier (de loin): ooh puutain)...En fait on le sent surtout entre les morceaux...pendant les concerts c'est notre touche...ska! (Rires)


ALA: (à Didier) c'est un instrument ou c'est dû à une alimentation un peu spéciale?

(Tout le monde se marre toujours)

Didier: Bah y paraît que je suis la trompette du groupe!


Ben: En fait on a une association qui s'appelle l' assos'y'song avec laquelle on organise des concerts et pour les statuts, Denis (le gars qui les accompagne et qui distribue les bières plus vite que son ombre!) est le président, Ralph est trésorier et moi secrétaire...et Didier, on a mis "trompette"! Ça a été publié comme ça dans le journal officiel quand même!

 

Ralph: Et les journaux locaux chez nous font tellement bien leur travail, qu'il relaient l'information!


ALA: Depuis une réponse que j'ai adoré, j'aime poser une question: comment décririez-vous votre musique? Et n'hésitez pas à vous lâcher!

Ben: Alors là, c'est la question la plus compliquée! Baaah...c'est du rock des garrigues? Mais il y a un gars sur le forum ou je ne sais plus où, il avait écrit «Shub c'est Claude François dans sa baignoire ».


ALA: Et si je vous dis que ça me fais quelques fois penser aux Talking Heads jouant avec The Jam dans un vieux bar du sud des Etats-Unis genre Texas profond, est-ce que vous me prenez pour un dingue?

Ralph: bah Talking Heads? J'ai plutôt écouté plein de groupes qui écoutaient Talking Heads, mais c'était plus d'autres trucs genre The Fall ou Joy Division qui me plaisaient.

Mais on avait un peu déliré sur l'album précédent sur le Texas. Ben avait remarqué que la carte du Gard était quasiment la même que la carte du Texas. Et en regardant de plus près, la capitale du Gard, c'est Nîmes. La capitale du Texas c'est Austin et ils sont quasiment placés au même endroit! Et on avait un délire sur cet album là, il y a une face « Gard » et une face « Texas » avec la carte des 2 régions.


Didier: et il y a des points communs entre le Gard et le

Texas – Ralph: ouais, beaucoup plus qu'on ne le pensait finalement - , des taureaux, des chevaux...des fachos!

ALA: Ah oui c'est vrai! Quand on vous écoute on trouve bien sûr des accointances avec l'indie noise mais on entends aussi des ponts vers toute une scène avec Le Singe Blanc et les artistes d'African Tape. Je sais que vous avez notamment beaucoup tourné avec Marvin.

Ben: Les premières tournées qu'on a commencé à faire, c'était en 2005 et on est partis ensemble (ndlr: avec Marvin donc). Enfin c'est eux qui nous ont donné un coup de pied dans le cul, quoi! 

Franchement, si il n'y avait pas eu Marvin, je pense qu'on n'aurait pas tourné tout court. C'est eux qui nous ont dit « Sortez un peu de votre local de répét' ». Et donc du coup, pour la 1ère tournée, on est partis 2 semaines avec eux en Italie et en France. Puis, quelques mois après, on en a refait une avec eux, uniquement en France ce coup là. Et depuis on se croise sur des concerts mais a n'a plus tourné ensemble.


ALA: Et vous n'avez pas eu des idées de collaboration avec un groupe ou l'autre? Pour le moment vous faites plutôt votre musique?

Ben: Heu, en fait des collaborations...oui et non! On sort parfois des compils qui s'appellent « Goback Connection» où l'on contacte plus ou moins tous les groupes qu'on connait ou avec qui on a joué et qui font de la musique qu'on aime bien.

Mais sinon, on n'a jamais fait de split avec un groupe en particulier. Enfin si! Le tout premier en 98, c'était un split...mais avec des groupes qu'on ne connaissait pas en fait. Bananas at the audience et Mary Dress.


ALA: En parlant de ça, on parle du dernier album comme du troisième. Mais quand on va sur votre myspace, on se retrouve devant plein de pochettes! Je suppose qu'il y a des compils, des ep là dedans?

Ben: il y a plein de démos...attend...il y a une démo, le split, après il y a un 3 titres, un album, une compil, un autre album et une autre compil – la compil de l'assos'y'song « 1ère rondelle »- et puis là, le dernier album.

On a un rythme de 2 ans entre les albums depuis 2005. Et quand on enregistre, on enregistre dans les 10-11 morceaux, et à chaque fois on en garde 1 ou 2 pour les compils et les choses comme ça.


ALA: Et au sujet de votre label, Rejuvenation?

Ben: En gros, on n'a pas de label spécifique et c'est mieux pour nous. L'idée d'avoir plusieurs labels qui sont dispatchés un peu partout en France nous permet d'avoir une assez bonne distribution.


ALA: C'est ça l'idée de la collaboration entre plusieurs labels pour votre album? (ndlr: FUCK MY LUCK est une coprod entre Rejuventaion, A Tant Rêver Du Roi, Contreplaqué, Goback, Karaoké666, Assos'y Song, et Whosbrain)?

Ben: Voilà! En gros, la majorité de l'album, c'est Goback. Et on propose aux copains, quand on sort quelque chose, qui veut participer, à la hauteur de ce qu'ils veulent. Et en fonction de la somme d'argent qu'ils donnent, ils récupèrent un nombre de vinyles.

Et du coup ce qui est bien, c'est que pour celui-ci il y a un label qui est à Pau qui diffuse sur le Sud-Ouest, Toulouse, Bordeaux,etc... Il y en a un à Lyon, nous à Nîmes et sur Paris. Et puis il y a Whosbrain qui est au Luxembourg et à Cherbourg...

Il n'y a plus vraiment de label qui peut se permettre de soutenir seul la sortie d'un disque de toute façon.


Ralph: Il y a seulement African Tape qui arrive à sortir des disques avec une seule étiquette, mais...


Didier: Si! il y a ATRDR (ndlr: A Tant Rêver Du Roi) qui sortent leurs trucs tout seuls quand même. Et ça swingue pas mal leurs trucs!


ALA: Vous avez enregistré dans un studio qui s'appelle la boite à meuh?

Ben: En fait Fredo, le gars qui tient ce studio, c'est un bon pote de Didier. C'est le sonorisateur des Fils de Teuhpu, et on était le premier groupe de rock à enregistrer là.


Didier: Le 1er groupe qui a enregistré là c'était La Rue Ketanou...tu vois...


Ben: Nous, on est allé là-bas, c'était pour lui filer un coup de main et qu'il nous file un coup de main! On est partis 15 jours et on a coulé une dalle de béton dans sa grange pour agrandir son studio. Ça c'était pendant 1 semaine, et la 2ème semaine, il nous a enregistré. Et il a mixé aussi.

Donc voilà: c'était un échange de bons procédés. Maçonnerie contre musique!


ALA: vous avez enregistré là-bas entre potes, puis vous avez assuré une partie du mix avec Fred. Pourquoi avoir choisi « Carl Saff of Chicago » pour le mastering?(ndlr: C.Saff a masterisé notamment Cocorosie, Balaclavas, Acid Mother Temple,...)

Ralph: Je suis tombé par hasard sur le myspace d'un groupe, je crois que c'était New Brutalism, que devait sortir Rejuvenation, et j'ai vu « Carl Saff Mastering». Donc je clique dessus pour avoir les prix, et en fait sur son site on pouvait carrément faire un devis en ligne. Et ce qu'il y a, c'est qu'il est super pas cher, et en plus, il fait les retouches gratuites, et à l'infini! Donc tant qu'on n'est pas content du résultat, il fait pas payer.


Ben: Oui et à la base c'est aussi parce qu'il avait masterisé des très bons groupes – Young Widows, New Brutalism, OM,...- , et on s'en rend compte qu'il est 2 fois moins cher qu'un gars qui va faire du master en France et qui n'aura pas forcément la même oreille que lui.

En plus lui, tu lui balance le mix le lundi, et le mercredi tu as le master! Ouais, il est super carré et le son qu'il fait correspond parfaitement à ce qu'on attendait!


Didier: Et on a eu le bol qu'on n'avait pas trop de thunes à ce moment là et qu'il avait toute sa plomberie à refaire! (Rires)


Ben: Et du coup, par le bouche à oreille, il y a quasiment tous les petits groupes en France qui balancent leur master là-bas.


ALA: L'album est sorti en Décembre dernier. Quelle est votre actualité maintenant?

Ben: On va jouer à Londres bientôt. Il y a aussi le Fuck Fest à Paris en avril, le weekend de Pâques. Ça, ça va être une bonne teuf!


ALA: En matant la pochette (ndlr: pour ma part sur internet à ce moment là) de FUCK MY LUCK, on voit cette route avec un choix entre le Paradis et l'enfer. Quand j'ai lu des chroniques, on parlait d'un disque en 2 parties justement. Alors j'ai réécouté...et cherché! Mais je trouve plutôt que chaque morceau peut être le paradis ET l'enfer en même temps! C'est quoi la vérité dans tout ça?

Ben: Et bien justement! Si tu retournes la pochette, tu verras la suite derrière. En fait, quelle que soit l'entrée, il tombe dans la même mélasse! Tu peux choisir n'importe quelle option, c'est la même chose! C'est sûrement vrai aussi pour les morceaux!



Propos recueillis par Suicyco



 SHUB:



Album: Fuck My Luck (12/2010) (vinyl+CD inclus) --> COMMANDER




















Retour aux interviews                                                                                                  Back to the top

                                                                                                 







Comments