Hellboy




Michael Mac Dowell est désormais devenu Hellboy, OK. Accessoirement il est aussi le boss du label plutôt orienté breakcore Structural Damage qui héberge notamment Acid Kirk, Casual suspekt ( de facial e-jak), Mozartfucker et The Teknoist. Beaucoup de belges me direz-vous? C'est normal: notre gamin de l'enfer a passé de nombreuses années à Bruxelles, hantant les soirées et les raves de la capitale!

Lorsqu'on écoute Hellboy, on est surpris du changement de style par rapport aux habitudes de structural damage. C'est que la Belgique n'a pas seulement déteint sur lui via les free parties, mais aussi avec son background de musiques électroniques qui l'ont frotement influencé.

A nouveau de passage dans le pays des frites, nous nous sommes entretenu avec lui sur son passé, son actuel projet et ses rêves pour l'avenir.


ALA: Est-ce que tu pourrais nous raconter l'histoire de ton label, quand ça a commencé et pourquoi tu as voulu monter ton propre label?

Hellboy: Structural Damage a maintenant 2 ans. Je l'ai monté au début parce que je voulais avoir le contrôle sur ma musique. En fait je refusais de me faire exploiter de n'importe quelle manière, à n'importe quel niveau et par qui que ce soit.

Ma musique c'est quelque chose de super personnel, et vu l'état de l'industrie actuellement – et là je parle en tant que producteur – j'ai voulu faire quelque chose moi-même.


J'ai eu beaucoup de chance car au moment où j'ai commencé le label, j'avais déjà pas mal joué dans le milieu underground et j'ai reçu le soutien de certains artistes qui sont déjà bien établis, ils m'ont encouragé et m'ont donné des morceaux.

Enfin voilà, ça a commencé tout petit et peu à peu, ça se construit quoi. Ça devient quelque chose! J'ai commencé avec des téléchargement gratuits parce que je suis un grand supporter de ça: c'est le meilleur moyen de te faire écouter par beaucoup de gens! Et petit à petit, on évolue et on va commencer à sortir des vynils dans quelques temps.


ALA: à ce moment, tu va peut-être changer d'optique sur le tout gratuit,non?

H: Non non! On va toujours essayer de sortir de la musique de qualité en téléchargement. Ce que j'ai toujours voulu, et c'est l'esprit du label, c'est donner une plateforme aux artistes qui ne seraient normalement pas pris par des gros labels, parce que c'est tout le temps une question de fric tu vois.


ALA: En ce qui te concerne, tu as plutôt commencé dans le Djing Drum, c'est ça?

H: En fait, il y a longtemps longtemps, j'ai commencé à mixer avec des vynils. C'était quand j'étais en Belgique, j'y ai vécu pendant presque 10 ans. J'ai retiré beaucoup d'influence du milieu underground, de Bruxelles surtout.

Mais même quand je mixais des vynils mon rêve – en fait c'était mon rêve depuis que je pouvais penser – était de faire ma propre musique.

Ce que je voulais faire, c'était de recréer la musique que les DJ's passaient dans les soirées où j'allais à Bruxelles et en faire la fusion de tous les différents styles que j'aimais. Et comme je suis assez connu pour avoir des goûts très éclectiques, voilà quoi (rires)!


ALA: Justement, tu étais plutôt dans la scène breakcore, drum, etc...Mais qu'est ce que tu écoutais avant cela? Allez on va dire quand tu étais gosse.

H: Quand j'étais gosse, j'écoutais plutôt du rock, du punk et de la musique New Wave, un peu romantique tu vois? Et puis quand j'ai commencé à faire de la musique, j'ai tout de suite voulu faire de l'electro dark, un peu industrielle, mais bon on n'arrive pas à faire ça en une nuit! J'ai dérivé dans des autres styles parce que j'étais retourné en Angleterre et j'ai atterri dans un milieu breakcore qui franchement m'a beaucoup plu. C'était pour moi l'âge d'or des raves, ou la fin de l'âge d'or disons. Ça m'a libéré de sortir dans ces raves. Avant j'étais quelqu'un de très renfermé, assez mal dans ma peau et sortir là-dedans, faire des choses un peu...hum hum (rires), ça m'a fait beaucoup de bien.

Mes goûts ont vite évolués également et je me suis lancé à fond dans la musique électronique, surtout la techno, l'electro...je dis ELECTRO-TECHNO, pas electro-house tout ça. Quand je dis electro à quelqu'un, surtout en Angleterre, il croit tout de suite que je fais de la dance (rire)!


J'ai eu ensuite une période de 2-3 ans où j'étais dans le milieu du breakcore et où j'ai eu pas mal de succès. C'était des années durant lesquelles j'ai beaucoup appris, des techniques que je ne connaissais pas: c'est quand même un autre style, le breakcore! Mais bon, qu'est ce c'est réellement le breakcore de toute façon??? tout le monde a sa définition!

On met toujours le tag « breakcore » sur mon nom, mais pour moi si je veux être honnête, ce que je faisais, je dirais plutôt que c'était de la hard jungle avec du hardcore!

Et ces 2 dernières années, j'ai décidé de retourner à mes racines parce que ça me donnait beaucoup plus de satisfaction.


ALA: Avec Hellboy donc.

H: Ouais. Je voulais commencer un nouveau projet avec un nouveau nom car je pensais que la transition allait être difficile. Et elle l'a été! Ça a mis du temps, parce que j'ai dû faire ça un peu doucement, sur le côté.


ALA: ça a été difficile pour toi ou pour les autres?

H: Haha, ça a été dur pour moi et aussi pour pas mal d'autres aussi! J'ai perdu quelques alliés dans l'histoire.


ALA: Ah bon???

H: ouais mais tu sais...enfin je veux dire par alliés, des gens du public breakcore parce qu'ils sont vraiment branchés là-dedans. Je les comprends, ils aiment ce qui est trrrfff(fait-il en mimant saccadés) et ce que je fais maintenant, ça vire un peu plus dans la wave, expérimentations,...Enfin voilà quoi, ça ne peut pas plaire à tout le monde plus!


ALA: Donc le webzine s'appelle A L'ARRACHE et tu vas comprendre pourquoi. Alors la grande question super originale qu'on trouve après 3h de sommeil: c'est quoi tes influences?

H: HAHAHA! Alors mes influences aujourd'hui pour Hellboy, il y en a beaucoup. Mais ce que je retiens vraiment en particulier c'est Skinny Puppy, Throbbing Gristle, John Cage... je reviens reviens vraiment aux pionniers.

J'aime aussi beaucoup la musique concrète comme Pierluigi Russo. J'aime tout ça car les sons ne viennent pas directement d'une machine et même pour de la musique dite « industrielle », il faut qu'il y ait un élément de vie réelle dedans. Enfin, bien sûr c'est subjectif tout ça.


Mais en tout cas, je suis vraiment très heureux d'être retourné à ces racines, c'est ce qui me donne le plus de plaisir pour le moment.


ALA: On dirait vraiment que tu as voulu aller dans les genres actuels les plus pointus et violent comme le breakcore pour ensuite revenir aux «bases».

H: oui le breakcore, c'est le truc qui cartonne bien en ce moment, même si je pense que l'âge d'or est déjà passé maintenant. Je suis très content d'être passé par là et j'ai appris beaucoup de choses, notamment avec les gens de Rom music avec qui j'ai travaillé directement après mon emménagement à Brighton. J'ai adoré travailler avec eux car eux aussi ont des influences super riches.

Là j'habite avec shitmat. Lui c'est un inventeur! Il te construit de trucs qui font des drôles de bruits tout ça haha! Enfin, c'est carrément de la sculpture!


On vit maintenant dans un monde où tout le monde peut faire de la musique avec la technologie d'aujourd'hui, mais tout ça est rempli de présets. J'ai eu aussi mes période comme ça mais pour moi c'est devenu un peu « fatigué ». tu vois, quand tu commencé à avoir les oreilles mortes à certaines sonorités.


Je ne dis pas que je ne reviendrai jamais dans le breakcore! J'ai eu 3 années fantastiques où j'ai joué un peu partout en Europe. Mais c'est juste une question d'évolution, on évolue tous. C'est bien, c'est sain, c'est bon pour l'artiste!


ALA: J'en connais qui n'évoluent pas...

H: Bin il y a beaucoup d'artistes qui sont plutôt devenus des « institutions » et que au lieu d'évoluer, ils sont restés calés. C'est souvent une histoire de fric tu vois...


ALA: Justement pour cette évolution, tu es moins derrière une machine et plus au devant de la scène puisque là tu chante. Tu voulais aussi passer par ça?

H: ouais ouais! Je passe tellement de temps dans mon studio avec mes machines, c'est là je crée mes sons, que je travaille tout. Donc pour le live, j'essaie de plus arriver à une performance.

Je triture mes pistes et mes sons, et surtout je chante, ce qui demande une grosse énergie.

Mais j'ai déjà des idées pour l'avenir en faisant jouer des potes à moi. Un qui jouera de la basse, l'autre de la batterie.



ALA: Quand penses-tu sortir du matériel en tant qu'Hellboy? Ep ou album?

H: Pour le moment, les seuls trucs que j'ai sorti, c'était sur le net – notamment sur le site du label. Mais j'ai finalement ressenti que le temps est arrivé de sortir quelque en « physique », ça m'a pris du temps car j'avais beaucoup d'amour pour sortir de la musique gratos sur le net et je savais à quel point les gens apprécient parce que tout le monde ne peut pas acheter 50 CD par semaine ou n'as pas une carte de crédit pour acheter en ligne.


Donc on va sortir un vinyl en 2011, maintenant qu'on a un peu les ressources pour le faire. Je ne sais pas encore ce sera purement Hellboy ou une collaboration de plusieurs artistes, notamment C-fax qui est un ami à moi et aussi quelques Dj's de Bruxelles qui viendront travailler là-dessus.


ALA: et pour les concerts?

H: pour 2011, je n'ai pour le moment que des dates en Angleterre. Mais j'ai rencontré énormément des gens et noués des tas de contact durant ma mini-tournée sur le continent, donc je ne dis rien pour le moment mais on risque de me voir l'année prochaine dans des endroits très intéressants!


Propos recueillis par Suicyco











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