La Grèce vue macro/vue micro...Que choisir?







"Une situation économique alarmante"....voilà ce qu'on entend et retient des images des événements en Grèce.

La « news kilométrique », invention maison dérivée du « mort kilométrique », nous fait parvenir d'un côté des actualités macro-économiques à la logique rendue évidente par le long travail des médias, et d'un autre, des scènes d'émeutes dont le fil les reliant au premières y est très ténu et de moins en moins expliqué.


Certes, si la Grèce est entrée dans la communauté européenne et ses règles, elle a un gros problème vis-à-vis de celle-ci. Il est bien sûr établi que des opérations relativement frauduleuses ont caché sa situation réelle pour atteindre un point de non-retour qui aurait peut-être pu être évité si le mal avait été soigné à temps. Par conséquent, et insistant sur une sorte d'anthropomorphisme « géo-économique », Il est naturel que ce pays « mauvais payeur » rembourse ses dettes aidé par une médiations, tout comme une famille s'étant mise dans la même mouise en achetant à tout va.


Tout ceci semble inattaquable et il est vrai que si on suit le processus qui a mené ce pays à cette crise majeure de A à Z, il semble insensé que certains groupes refusent une aide financière allouée par l'entité même qui aurait été grugée! Et d'entendre actuellement des déclarations comme « mauvais élève de l'Europe... », « Décisions irresponsables... », etc...

Le problème – pour les gens « à bonne conscience humaine et sociale » - est que tout cela est vrai si on adopte le point de vue économique. Point de vue à ne pas renier brutalement, puisque vous étiez tous pour une « Europe Unie » et sa fameuse « Constitution ». Difficile maintenant de tourner le dos aux règles que vous n'avez jamais lues.


Néanmoins, à l'intérieur d'un pays, il y a – oui – des gens. Ces derniers n'ont jamais rien demandé et jamais rien décidé quant aux pratiques entreprises et qui ont dirigé leur pays et surtout leur vie au bord du gouffre.

Pour cela, nous avons ces images d'émeutes (en majorité, car on a 10 sujets d'émeutes pour un mini-sujet sur une situation personnelle) qui nous viennent continuellement, jusqu'à une indigestion nous rendant incapables de les relier aux conséquences de la crise nationale. « encore une émeute en Grèce? Mouais... »..

La conséquence des sempiternelles mesures d'austérité dictée par l'Europe conduisent un grec à accepter manu militari la baisse d'un salaire déjà moindre qu'ailleurs dans la Communauté, lorsqu'il conserve un travail. Il doit aussi accepter une baisse d'impôt le mettant, lui et sa famille dans une situation où la précarité devient une ambition de réussite. Ajoutons à cela que lesdites mesures ne concernent que les petites personnes physiques. En effet, les principaux acteurs économiques et fonciers en sont historiquement exempts, comme le clergé (1er propriétaire foncier de Grèce) et les célèbres armateurs nationaux (premières entreprises du pays).


Comment alors ne pas comprendre les scènes de violences désespérées auxquelles on assiste de la part d'une population retenue en otage par son gouvernement coupable des faits et d'une Europe qui n'a jamais rien fait pour eux? Comment juger ces gens lorsqu'ils accueillent, par désespoir, un parti néo nazi au parlement?

Quelqu'un a dit « C'est lorsqu'on a tout perdu qu'on est libre de faire ce que l'on veut ». Vue de l'esprit séduisante mais fausse dans ce cas, puisque votre existence est liée aux conditions du pays où vous vivez. Quel choix vous reste-t-il quand il vous est proposé de redevenir un « bon élève » et crever de faim, ou un refus en bloc conduisant le pays à la fois dans la misère et un enfermement aux conséquences idéologiques dangereuses et déjà connues (rappelez-vous pourquoi notre ami Adolf a été élu)?


Tout ceci est aussi vrai bien entendu et également inattaquable...


Pourtant, les médias nous présentent les soulèvement du peuple Grec comme simplement des réponses ponctuelles et violentes aux nouvelles décisions des « grands ». Un peu comme des festivités macabres inévitables mais sans trop de conséquences. Nous voyons cela et nous disons « oui c'est la merde pour eux mais ils n'ont pas le choix puisque l'Europe veut les aider ».


La prise des 2 vues expliquées ci-dessus est toujours séparée, alors que le problème reste global. La situation politique et économique grecque affaiblit l'économie européenne (à l'instar d'autres pays mais on a tendance à l'oublier pour se focaliser sur la Grèce), mais surtout plonge des dizaines de millions de gens dans une détresse sans issue, les transformant en potentiel « nouveau sweat shop à 2 pas de chez nous ».

Il est impossible de renier les actes et les faits et de tout rejeter en bloc comme un punk à chiens. Les grecs et leur pays sont dans l'économie européenne, comme nous. Ils ont choisi d'en appliquer les règles , comme nous. Il est donc un peu tard pour tout mettre sur le dos d'un système. Mais il est aussi impensable de placer la priorité sur des chiffres comptables et des données bancaires sans regarder aux conséquences sur les vies humaines. Ceci même sans grand sentimentalisme, puisque ces solutions à court terme afin de maintenir à flots les économies nationales et continentales sans égard pour les désastres micro-économiques et populaires conduiront inévitablement à reporter et amplifier une crise économique vers un futur social apocalyptique pouvant aller jusqu'à un état de guerre civile. Une zone « noire » en Europe sera de toute façon appelée à se répandre dans les autres pays, via l'émigration et l’inter-connexion des flux financiers.


C'est précisément là que se trouvent le nœud des problèmes actuels chez nos décideurs mais aussi chez nous: nous ne prenons pas tous les facteurs de l'équation afin d'en trouver l'explication et la solution. Nous bien sûr avec notre manque croissant d'esprit critique et de décodage de l'information et nos « Grands » qui depuis quelques années ont oublié l'aspect géo-politique au profit d'une pensée dominante de type économique bancaire et financière. Ou même d'un élan idéaliste peu réfléchi (par exemple, « oui à la constitution européenne car nous sommes une grande famille » en n'ayant jamais lu ladite constitution)


La prochaine fois que vous verrez au journal télévisé un grec lancer une pierre aux policiers, dites-vous bien que désormais avec notre Europe, cela aurait pu être vous. Et que si on se trompe de remède, ça le sera un jour ou l'autre.


Suicyco






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