Berlin: la gentrification comme partout ailleurs hélas

(06/02/2011)



Ceux qui sont déjà allés à Berlin depuis 1989 peuvent témoigner d'une ambiance toute particulière par rapport à nos capitales. Les habitants épris de liberté se sont appropriés leur ville et, souvent avec l'accord des autorités via des baux de projets d'habitation, ont choisi des modes de vie alternatifs qui fonctionnent depuis la chute du mur.

Ce climat, cette ambiance et ces décors (les magnifiques façade tout en graff') sont les principaux points d'attraction de beaucoup de touristes mais aussi de gens du monde entier qui ont décidé de se joindre à l'aventure.

Malheureusement, cela fait quelques années qu'une reconstruction accompagnée d'une très forte spéculation nous faisait craindre un changement imminent pour cette île de liberté au milieu d'une Europe occupée à négocier un virage très serré à droite. Les squats, emblèmes de ce mode de vie post-mur sont de plus en plus mis à mal par leur propriétaires et par conséquent par les autorités. 

ATTENTION, un squat là-bas est quelque chose de très différent d'ici! comprenons donc (dans la plupart des cas) un projet d'habitation alternatif et communautaire en accord avec le proprio.

Le hic, c'est que voyant les loyers de la ville grimper sous l'impulsion de la spéculation et de la gentrification de la ville - bin oui, c'est bien connu: après les artistes viennent toujours les bobos! - lesdits proprios voudraient bien toucher une part du magot et commencent à renier les accords passés en cassant ces baux et en chassant les occupants de ces immeubles devenus subitement des poules aux oeufs d'or.

De nombreux squats, implantés depuis 1990 et pratiquement des "monuments" de la culture Berlinoises sont ainsi annihilés. Après Tacheles , une enclave d'artistes en plein coeur de Berlin attirants des milliers de curieux, amateurs et touristes, qui a dû terminer ses activités en Août 2010 pour laisser la place à un complexes de bureaux, c'est au tour d'un des plus grands et plus vieux squats de Berlin situé au 14 liebigstrasse à Friedrichshain - surnommé le Liebig14 - de disparaître dans une intervention policière qui a mené à des manifestions importante où beaucoup de Berlinois se sont joints, conscients de se battre non pas pour seulement un squat mais pour toute leur ville.

De même, le maire de Berlin Klaus Wowereit, qui avait basé sa campagne sur cet aspect "pauvre mais sexy" de sa ville retourne maintenant sa veste, approuvant ces expulsions et la montée des loyers (+20% en 3 dans certains quartiers) qui feront bientôt ressembler la ville à n'importe quelle autre.

Comment cela va se terminer? Malheureusement, nous savons très bien que la machine est très forte! Mais il est utile de constater l'idiotie du système à vouloir à tout prix couper la branche sur laquelle il est assis, puisque la renommé et l'attractivité de Berlin sont les mêmes choses qu'ils sont en train de détruire...



Photos de la manif:




Suicyco

Liens:








Comments